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[Vol. 2.]
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Mai 1802.

Caractère<ies discussionsdans le sein duConseil d'Etat.

Objectionsdlevdes dans lesein du Conseild’État,

contre l'institu-tion de la Légion-d’Honneur.

ccmmcnl, offrait dans son ensemble les diverses nuances del’opinion publique, et peu affaiblies, car si, d’une part, MM.Portalis, Ilœderer, Régnault de Saint-Jean d'Atigély, Devaines,y représentaient vivement le parti de la réaction monarchique,MM. Thibaudeau, Berlier, Truguet, Emmery, Bérenger y re-présentaient le parti fidèle à la Révolution, jusqu’il défendrequelquefois ses préjugés. Mais là, dans le huis-clos du Conseild’État, les discussions étaient sincères et profondément utiles.

Le projet de la Légion-d’IIonneur fut fortement attaqué. Ici,comme dans l’affaire du Concordat, le Premier Consul devan-çait peut-être le mouvement des esprits. Cette génération,qui bientôt fut au pied des autels, qui bientôt se couvrit dedécorations avec un empressement puéril, résistait encore,dans le moment, au rétablissement des cultes et à l’institutionde la Légion-d’Honneur.

On trouvait même au Conseil d’État que l’institution de laLégion-d’IIonneur blessait l’égalité, qu’elle recommençait l’aris-tocratie détruite, qu’elle était un retour trop avoué à l’ancienrégime. L’objet si élevé, si positif, indiqué par le serment,c’est-à-dire le maintien des principes de la Révolution, netouchait que médiocrement les opposants. Ils demandaient siles obligations contenues dans ce serment n’étaient pas com-munes à tous les citoyens, si tous ne devaient pas concourir àdéfendre le territoire, les principes de l’égalité, les biens natio-naux etc.; si particulariser cette obligation pour les uns, cen’était pas la rendre moins stricte pour les autres. On de-mandait si cette Légion n’avait pas un but trop exceptionnel,comme, par exemple, de défendre un pouvoir auquel elle se-rait attachée par le lien des bienfaits. D’autres, alléguant laConstitution, objectaient qu’elle n’avait parlé que d’un systèmede récompenses militaires. Ils ajoutaient que l’institution secomprendrait mieux, soulèverait moins d’objections, si elleavait pour but de récompenser exclusivement les actions deguerre; que les actions de ce genre étaient si positives, si fa-