CONSULAT A Vf K.
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chie, était pour eux le plus souhaitable, le plus attendu detous les souverains; que quant à lui, ministre des affairesétrangères, il affirmait qu’ajouter, n’importe quoi, à l’autoritéactuelle du Premier Consul, c’était se concilier l’Europe, bienloin de la blesser. Ces confidents intimes de la famille Bona-parte avaient fort débattu entre eux la question du moment.Cependant, aboutir de plein saut à une souveraineté héréditaire,qu’on l’appelât empire ou royauté, semblait une témérité biengrande. Peut-être valait-il mieux y arriver, en passant par un ouplusieurs intermédiaires. Mais sans changer le titre du PremierConsul, ce qui était plus commode, on pouvait lui donner l’équi-valent du pouvoir royal, et l’équivalent même de l’hérédité : c’é-tait le Consulat à vie, avec faculté de désigner son successeur.En apportant quelques modifications à la Constitution, modifi-cations faciles à obtenir du Sénat, qui était devenu une sorte depouvoir constituant, il était possible de créer une vraie souverai-neté , sous un titre républicain. On se donnait même, par lafaculté de désigner le successeur, les seuls avantages de l’hé-rédité actuellement désirables; car le Premier Consul n’ayantpas d’enfants, n’ayant que des frères et des neveux, il valaitmieux lui confier le droit de choisir entre eux, celui qu’il juge-rait le plus digne de succéder à sa puissance.
Cette idée paraissant la plus prudente et la plus sage, onsemblait s’y être arrêté dans le sein de la famille Bonaparte.Cette famille était, dans le moment, singulièrement émue. Lesfrères du Premier Consul qui avaient sur leur front un rayonde sa gloire, mais à qui cela ne suffisait pas, et qui auraientvoulu qu’il devînt un vrai monarque, pour devenir princespar le droit du sang, s’agitaient beaucoup, se plaignaient don’être rien, d’avoir servi à l’élévation de leur frère, et de n’a-voir pas dans l’État un rang proportionné à leur mérite et àleurs services. Joseph, plus paisible par caractère, satisfaitd’ailleurs du rôle de négociateur ordinaire de la paix, riche,considéré, était moins impatient. Lucien, qui se donnait pour
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Projetde conférerau general Bona-parte le Consulatà vie, avec facultéde désigner sonsuccesseur.
Agitations inté-rieuresde la familleBonaparte.