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CONSULAT A VIE.

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ce changement causerait à beaucoup d’hommes de bonne foi.Il s’arrêta done à cette idée, et s’efforça de la propager dansle Sénat, dans le Corps législatif, dans le Tribunat. Mais s’ily avait beaucoup d’individus prêts à tout voter, il y en avaitd’autres qui hésitaient, et qui ne voulaient qu’une proroga-tion de dix ans.

Le Premier Consul avait différé jusqu’à ce jour, et avec in-tention, la présentation du traité d’Amiens au Corps législatif,pour y être converti en loi. M. Cambacérès, comprenant quecette circonstance était celle dont il fallait user, pour fairesortir d’une espèce d’acclamation générale les changementsproposés, disposa tout pour amener un tel résultat. Le 6 mai(16 floréal) avait été choisi pour porter au Corps législatif letraité qui complétait la paix générale. Le président du Tri-bunat, M. Chabot de l’Ailier, était l’un des amis du consul Cam-bacérès. Celui-ci le fit appeler, et convint avec lui de lamarche à suivre. Il fut arrêté entre eux que, lorsque le traitéserait porté du Corps législatif au Tribunat, M. Siméon propo-serait une députation au Premier Consul pour lui témoignerla satisfaction de cette assemblée; qu’alors le président Chabotde l’Ailier quitterait le fauteuil, et proposerait l’émission duvoeu suivant : « Le Sénat est invité à donner aux consuls un«témoignage de la reconnaissance nationale ».

Les choses ainsi disposées, le projet de loi fut porté le 6mai (16 floréal) par trois conseillers d’État au Corps législatif:c’étaient MM. Rœderer, Bruix (l’amiral), et Berlier. Ordinaire-ment les projets étaient communiqués purement et simplementpar le Corps législatif au Tribunat; cette fois, vu l’importancede l’objet, le gouvernement voulut communiquer directementau Tribunat le traité soumis aux délibérations législatives.Trois conseillers d’État, Régnier, Thibaudeau et Bigot-Préa-meneu, furent chargés de ce soin. A peine avaient-ils achevéde faire cette communication, que le tribun Siméon demandala parole. Puisque le gouvernement, dit-il, nous a communi-

TOM. III. 25

Mai 1802.

Le Tribunatprend occasionae la présenta-tion du traited’Amiens, pouremettrc le vœud’une récom-pense nationaleau

Premier Consul.