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LIVRE XIV.
Mai 1802.
Motion
île M. l'hahotîle l'Ailier.
Venu duTrihunat.
Formation d'unecommission dansle sein du Sénat,pour l'accomplis-sement du voeudu Tribunat.
que d’une manière aussi solennelle le traité de paix concluavec la Grande-Bretagne, nous devons répondre à celte dé-marche par une démarche pareille. Je demande qu’il soitadressé une députation au gouvernement, pour le féliciter durétablissement de la paix générale. Cette proposition fut aus-sitôt adoptée. Le président Chabot de l’Ailier se fit ensuiteremplacer au fauteuil par M. Stanislas de Girardin, et, setransportant à la tribune, prononça les paroles suivantes:
« Chez tous les peuples on a décerné des honneurs publics« aux hommes qui, par des actions éclatantes, ont honoré leur« pays et l’ont sauvé de grands périls.
« Quel homme eut jamais plus que le général Bonaparte des«droits à la reconnaissance nationale?
« Quel homme, soit à la tête des armées, soit à la tête du« gouvernement, honora davantage sa patrie, et lui rendit des«services plus signalés?
« Sa valeur et son génie ont sauvé le peuple français des excès« de l’anarchie, et des malheurs de la guerre, et le peuple fran-« çais est trop grand, trop magnanime, pour laisser tant de« bienfaits sans une grande récompense.
«Tribuns, soyons ses organes. C’est à nous surtout qu’il« appartient de prendre l’initiative lorsqu’il s’agit d’exprimer,« dans une circonstance si mémorable, les sentiments et la« volonté du peuple français. »
Pour conclusion de ce discours, Si. Chabot de l’Ailier pro-posa au Tribunat d’émettre le vœu d’une grande manifesta-tion de la reconnaissance nationale, envers le Premier Consul.
Il proposa, en outre, de communiquer ce vœu au Sénat,au Corps législatif et au gouvernement. La proposition futadoptée à l’unanimité.
Cette délibération fut aussitôt connue du Sénat, et ce corpsdécida immédiatement qu’il serait formé une commission spé-ciale, afin de présenter ses vues, sur le témoignage de reconnais-sance nationale qu’il conviendrait de donner au Premier Consul.