CONSULAT A VIE.
387
La députation que le tribun Siméon avait proposé d’en- Mai 1802 .voyer au gouvernement fut reçue le lendemain môme 7 mai(17 floréal) aux Tuileries. Le Premier Consul était entouré deses collègues, d’un grand nombre de hauts fonctionnaires, etde généraux. Il avait une attitude grave et modeste. M. Si-méon portait la parole. Il célébra les hauts faits du généralBonaparte, les merveilles de son gouvernement, plus grandesque celles de son épée; il lui attribua les victoires de la Ré-publique, la paix qui les avait suivies, le rétablissement del’ordre, le retour de la prospérité, et, terminant enfin cetteallocution, «je me hâte, dit-il, je crains de paraître louer,
« quand il ne s’agit que d’étre juste, et d’exprimer en peu de« mots un sentiment profond que l’ingratitude seule aurait pu« étouffer. Nous attendons que le premier corps de la nation« se rende l’interprète de ce sentiment général, dont il n’est« permis au Tribunat que de désirer et de voter l’ex-« pression. »
Le Premier Consul, après avoir remercié le tribun Siméondes sentiments qu’il venait de lui témoigner, après avoir ditqu’il y voyait un résultat des communications plus intimesétablies entre le gouvernement et le Tribunat, faisant ainsiune allusion directe aux changements opérés dans ce corps,le Premier Consul termina par ces nobles paroles: « Pour moi, Réponse <iu
Premier Consul
« je reçois avec la plus sensible reconnaissance le vœu émis “ " ne *Wp ut!,tion« par le Tribunat. Je ne désire d’autre gloire que celle d’avoir« rempli tout entière la tâche qui m’était imposée. Je 11 ’ambi-«tionne d’autre récompense que l’affection de mes conci-« toyens : heureux s’ils sont bien convaincus que les maux« qu’ils pourraient éprouver seront toujours pour moi les maux«les plus sensibles; que la vie ne m’est chère que par les« services que je puis rendre à ma patrie ; que la mort môme« n’aura point d’amertume pour moi, si mes derniers regards«peuvent voir le bonheur de la République aussi assuré que« sa gloire. »
25 *