CONSULAT A VIE.
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ment décidé et indépendant, fit part de l’opinion qui régnait Mai îeu-».dans Paris. De tout côté, on trouvait la proposition du Sénatridicule; on disait qu’il fallait un gouvernement à la France,qu’enfin on en avait trouvé un, fort, habile, heureux, qu’ilfallait le garder; qu’on aurait pu ne pas toucher à la Consti-tution, mais qu’à y toucher, autant valait en finir, et organiserce gouvernement de manière à le conserver toujours. — Ceque rapportait le préfet Dubois était vrai. L’opinion était sifavorable au Premier Consul qu’on voulait universellementtrancher la question sur-le-champ, et donner à son pouvoir ladurée de sa vie même. Après avoir entendu ces diversesallocutions, M. Cambacérès demanda si personne n’avait d’ob-jection à faire; et comme les opposants au nombre de cinq ousix, tels que MM. Berlier, Thibaudeau, Emmery, Dessoles, Bé-renger , se taisaient, il mit la résolution aux voix, et elle futadoptée à une immense majorité. Il fut donc arrêté que l’onprovoquerait un vote public sur cette question : Napoléon Bo-naparte sera-t-il consul a vie ? — Cette résolution prise, M.Rœderer, qui était le plus hardi de tous les membres du partimonarchique, proposa d’ajouter une seconde question à lapremière, c’était celle-ci: Le Premier Consul adra-t-il la fa-culté de désigner son successeur? — M. Rœderer tenait beau-coup à cette question, et il avait raison. Si on agissait debonne foi, si on ne cachait pas l’arrière-pensée de revenirquelque temps après sur ce qu’on faisait aujourd’hui, si onvoulait enfin constituer définitivement le pouvoir nouveau, lafaculté de désigner le successeur était le meilleur équivalentde l’hérédité, quelquefois supérieur par ses effets à l’héréditémême, car c’est le moyen qui a donné au monde le règne desÀnlonins. Un consul à vie, avec la faculté de désigner sonsuccesseur, était une vraie monarchie sous une apparence ré-publicaine. C’était un beau et puissant gouvernement, quisauvait du moins la dignité de la génération présente, laquelleavait jure de vivre en république, ou do mourir. M. Rœderer,