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[Vol. 2.]
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LIVRE XIV.

Mai ia/ 2 . qui était opiniâtre dans ses idées, insista, et fil poser cette se-conde question. Elle fut adoptée comme la précédente. 11fallait ensuite se décider sur la forme à donner à toutes deux.On pensa que cet appel fait au peuple français par le moyendes registres ouverts dans les communes, était un acte quidevait appartenir au gouvernement, car c’était pour ainsi direune simple convocation; qu’il était naturel dès lors de le fairedélibérer au Conseil d’Étal ; que la publication de cette déli-bération, qui avait eu lieu en présence des second et troisièmeconsuls, et en l’absence du premier, sauvait toutes les con-venances; qu’il fallait seulement trouver une rédaction conve-nable. Une commission, composée de quelques conseillersd’Etat, fut chargée, séance tenante, de rédiger la délibération.Cette commission y procéda immédiatement, et rentra, uneheure après, avec l’acte destiné à être publié le lendemain.

Voici quel était cet acte :

«Les consuls de la République, considérant que la résolu-«tion du Premier Consul est un hommage éclatant rendu à la«souveraineté du peuple; que le peuple consulté sur ses plus«chers intérêts , ne doit connaître d’autre limite que ses intérêts

«mêmes, arrêtent ce qui suit.etc. Le peuple français sera

«consulté sur ces deux questions:

«1° Napoléon Bonaparte sera-t-il consul a vie?

«2° Aura-t-il la faculté de désigner son successeur?

«Des registres seront ouverts à cet effet dans toutes les«mairies, au greffe de tous les tribunaux, chez les notaires et«chez tous les officiers publics.»

Le délai pour émettre les votes était de trois semaines.

M. Cambacérès se rendit ensuite auprès du Premier Consulpour lui soumettre la résolution du Conseil d’Etat. Le PremierConsul, par une disposition d’esprit difficile â expliquer, re-poussa opiniâtrement la seconde question. Que voulez-vous,disait-il, que je désigne pour mon successeur? Mes frères?Mais la France, qui a bien consenti à être gouvernée par moi,