CONSULAT A VIE.
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consentira-t-elle à l’étre par Joseph ou Lucien? Vous dési- Mai 1802 .gnerais-je, vous, consul Cambacérès? Oseriez-vous entre-prendre une telle tâche? Et puis on n’a pas respecté le testa-ment de Louis XIV, respecterait-on le mien ? Un homme mort,quel qu’il soit, n’est plus rien. — Le Premier Consul 11 e putêtre vaincu sur ce point; il s’impatienta même contre M. Rœ-derer, qui, sans attendre l’avis de personne, ne suivant queles impulsions de son esprit, avait mis cette idée en avant. 11fit donc retrancher de la résolution du Conseil d’État la se-conde question, relative au choix d’un successeur. Le motifdu Premier Consul, dans cette circonstance, est fort obscur.Voulait-il, On laissant une lacune dans l’organisation du gou-vernement, se ménager un nouveau prétexte pour dire encoreune fois, et un peu plus tard, que le pouvoir était sans avenir,sans grandeur, et qu’il fallait le convertir en monarchie héré-ditaire? ou bien craignait-il les rivalités de famille, et les tri-bulations que lui vaudrai} la faculté de choisir un successeurparmi ses frères et ses neveux ? A en juger par son langagede cette époque, cette dernière conjecture paraîtrait la plusvraie. Quoi qu’il en soit, il retrancha la seconde question del’acte émané du Conseil d’État; et, comme on ne voulait pasperdre du temps à faire une nouvelle convocation, la délibé-ration ainsi tronquée fut envoyée au journal officiel.
Elle parut le 11 au matin (21 floréal) dans le Moniteur, deuxjours après celle du Sénat. Annoncer qu’une telle questionvenait d’être posée à la France, c’était annoncer qu’elle étaitrésolue. Si l’opinion publique, devenue passive, ne prenaitplus l’initiative des grandes résolutions, on pouvait compternéanmoins qu’elle sanctionnerait avec empressement tout cequ’on proposerait pour le Premier Consul. 11 y avait pour luiconfiance, admiration, reconnaissance, tous les sentimentsqu’un peuple vif et enthousiaste est capable d’éprouver pourun grand homme, dont il a reçu tous les biens à la fois. Sansdoute, si les questions de forme avaient conservé quelque