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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS.

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(laits anglais quels qu’ils fussent, avec des droits modérés, à Août ta»la condition pour le navire qui les importait, d’exporter im-médiatement une valeur équivalente en produits français. 11devait en être de même pour les navires de notre nation allanten Angleterre. C’était une manière certaine d’encourager letravail national, dans la même proportion que le travail étran-ger. Il y avait dans cette combinaison un autre avantage,c’était d’enlever aux Anglais un moyen d’influence dont ilsfaisaient, grâce à leurs vastes capitaux, un usage redoutableen certains pays. Ce moyen consistait à faire crédit aux na-tions avec lesquelles ils trafiquaient, à se rendre ainsi chezelles créanciers de sommes considérables, et en quelque sortecommanditaires de leur commerce. C’est la conduite qu’ilsavaient tenue en Russie et en Portugal. Ils étaient devenuspossesseurs d’une partie du capital circulant dans ces deuxEtats. En accordant ces crédits, ils encourageaient le débitde leurs produits, et s’assuraient en outre la supériorité decelui qui prête sur celui qui emprunte. L’impossibilité où lecommerce russe était de se passer d’eux, impossibilité telle,que les empereurs n’étaient plus libres dans le choix de laguerre ou de la paix, à moins de mourir sous le poignard,prouvait assez le danger de cette supériorité.

La combinaison proposée, qui tendait à renfermer le com-merce anglais dans de certaines limites, présentait malheu-reusement de telles difficultés d’exécution, qu’il n’était guèrepossible de l’adopter. Mais, en attendant, elle occupait lesimaginations, et laissait une certaine espérance de s’entendre.

Cette incompatibilité des intérêts commerciaux ne suffisaitpas cependant pour faire renaître la guerre entre les deuxpeuples, si leurs vues politiques pouvaient se concilier, etsurtout si le ministère de M. Addington parvenait à se soutenircontre le ministère de M. Pitt.

M. Addington se regardait comme l’auteur de la paix, sa-vait que c’était là son avantage sur M. Pitt, et voulait conser-