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[Vol. 2.]
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LIVRE XV.

Août 1802.

État

«le l’Espagnedepuis la paix.

Folle

dissipationdes richessesmétalliquesvenuesdu Mexique.

et essayant d’y réveiller les haines mal éteintes. Ces causes,toutes méprisables qu’elles étaient, produisaient cependantun véritable malaise, et finirent par amener de la part du ca-binet français une demande embarrassante pour le cabinetbritannique. Le Premier Consul, trop sensible à des attaquesplus dignes de mépris que de colère, réclama, en vertu del’alien-bill, l’expulsion d’Angleterre dePeltier, de Georges, desévêques d’Arras et de Saint-Pol. M. Addington, placé en pré-sence d’adversaires tout prêts à lui reprocher la moindre con-descendance envers la France, ne refusa pas précisément cequ’on lui demandait, et ce qu’autorisaient les lois anglaises ;mais il essaya de temporiser, en alléguant la nécessité deménager l’opinion publique, opinion très-susceptible en Angle-terre , et dans le moment prête à s’égarer sous l’influence desdéclamations des partis. Le Premier Consul, habitué à mépri-ser les partis, comprit peu ces raisons, et se plaignit de la fai-blesse du ministère Addington avec une hauteur presque bles-sante. Toutefois les rapports des deux cabinets ne cessèrentpas d’être bienveillants. Tous deux cherchaient à empêcherle renouvellement d’une guerre à peine terminée. M. Ad-dington attachait à cela son existence et son honneur. LePremier Consul voyait dans la continuation de la paix l’occa-sion d’une gloire nouvelle pour lui, et l’accomplissement desplus nobles pensées de prospérité publique.

L’Espagne commençait à respirer de sa longue misère. Lesgalions étaient, comme autrefois, la seule ressource de songouvernement. Des quantités considérables de piastres, en-fouies pendant la guerre dans les capitaineries générales duMexique et du Pérou, avaient été transportées en Europe. 11en était arrivé déjà pour près de trois cents millions de francs.Si un autre gouvernement que celui d’un favori incapable etinsouciant, avait été chargé de ses destinées, l’Espagne auraitpu relever son crédit, restaurer sa puissance navale, et semettre en état de figurer d’une manière plus glorieuse, dans