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LIVRE XV.
Août 1802. vouloir les admettre, considérant ces objets comme réglés sa-gement et souverainement par les articles organiques. Le Paperéclamait avec persévérance, sans vouloir toutefois pousserses réclamations jusqu’à une rupture. Enfin les affaires reli-gieuses dans la République italienne, la sécularisation del’Allemagne, par suite de laquelle l’Église allait perdre unepartie du sol germanique, mettaient le comble à ses peines;et, sans la joie que lui causait le rétablissement de la religioncatholique en France, sa vie n’aurait été, disait-il, qu’un longmartyre. Son langage respirait, du reste, la plus sincèreaffection pour la personne du Premier Consul.
Celui-ci laissait dire le Saint-Père avec une patience ex-trême, et qui n’était pas dans son caractère.
Quant à la privation des Légations et à l’appauvrissementdu Saint-Siège, il y pensait souvent, et nourrissait le vagueprojet d’accroître le domaine de Saint-Pierre; mais il ne sa-vait comment s’y prendre, placé qu’il était entre la Répu-blique italienne qui, loin d’étre disposée à rendre les Léga-tions , demandait au contraire le duché de Parme, entrel’Espagne qui convoitait ce même duché, entre les hauts pro-tecteurs de la maison de Sardaigne qui voulaient en fairel’indemnité de cette maison. Aussi offrait-il de l’argent auPape, en attendant qu’il pût améliorer son état territorial, offreque celui-ci eût acceptée si la dignité de l’Église l’avait permis.A défaut d’un tel genre de secours, il avait mis un grand soinà payer l’entretien des troupes françaises pendant leur passageà travers les États romains. Il venait de faire évacuer Ancôneen même temps qu’Otrante, et tout le midi de l’Italie; il avaitexigé que le gouvernement napolitain évacuât Ponte-Corvo etBénévcnt. Enfin, sur les affaires d’Allemagne, il se montraitdisposé à défendre dans une certaine mesure le parti ecclé-siastique, que le parti protestant, c’est-à-dire la Prusse, vou-lait affaiblir jusqu’à le détruire.
À ces efforts pour contenter le Saint-Siège, il joignait des