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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS.

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actes de la plus gracieuse courtoisie. 11 avait fait délivrer tous Août iœ2.les sujets des États romains détenus à Alger, et les avait ren- Don

J fait au Pape, de

voyés au Pape. Comme ce prince souverain ne possédait pas a™*môme un bâtiment pour écarter de ses côtes les pirates afri- ,e saint-Pierrecains, le Premier Consul avait choisi dans l’arsenal maritime le Samt Pa " 1 -de Toulon deux beaux bricks, les avait fait armer complète-ment, décorer avec luxe, et, après leur avoir donné les nomsde Saint-Pierre et Saint-Paul, les avait envoyés en cadeau àPie Vil. Par surcroît d’attention, une corvette venait de lessuivre à Civita-Vecchia, pour ramener les équipages à Toulon,et épargner au trésor pontifical toute espèce de dépense. Levénérable pontife voulut recevoir les marins français à Rome,leur montra les pompes du culte catholique dans la grandebasilique de Saint-Pierre, et les renvoya comblés des mo-destes dons que l’état de sa fortune lui permettait de faire.

Un désir du Premier Consul, ardent et prompt comme tous ,i.''dmi"car'iiceux qu’il concevait, venait de susciter avec le Saint-Siège n f fo'is. a ' bune difficulté, heureusement passagère et bientôt évanouie. Ildésirait que la nouvelle Église de France eût ses cardinauxcomme l’ancienne. La France en avait compté autrefois jus-qu’à huit, neuf et même dix. Le Premier Consul aurait désiréavoir à sa disposition autant de chapeaux, et même plus, s’il eûtété possible de les obtenir, car il y voyait un précieux moyend’influence sur le clergé français, avide de ces hautes dignités,et un moyen d’influence plus désirable encore dans le sacrécollège, qui élit les Papes, et règle les grandes alfaires del’Église. En 1789, la France comptait cinq cardinaux : MM. deBernis, de la Rochefoucauld, de Loménie, de Rohan, de Mont-morency. Les trois premiers, MM. de Bernis, de la Roche-foucauld, de Loménie, étaient morts. M. de Rohan avait cesséd’être Français, car son archevêché était devenu allemand.

M. de Montmorency était l’un des refusants qui avaient résistéau Saint-Siège, lors de la demande dos démissions. Le car-dinal Maury, nommé depuis 1789, était émigré, et considéré