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LIVRE XV.
Août im. système de la neutralité. Les Suisses, tant les unitaires queles oligarques, déclamaient sur ce sujet, à l’envi les uns desautres. Us ne voulaient, à aucun prix, céder le Valais pourle Fricklhal. Ils demandaient d’autres concessions de territoirele long du Jura, notamment le pays de Bienne, l’Erguel etquelques portions détachées du Porentruy. C’était leur livrerune partie du département du Mont-Terrible. Même à cesconditions, ils répugnaient encore à céder le Valais; et, commesous les intérêts appelés généraux, se cachent souvent desintérêts très-particuliers, les petits cantons, redoutant pourla route du Saint-Gothard la rivalité de celle du Simplon,poussaient au refus de l’échange proposé. Le Premier Consulavait fait occuper provisoirement le Valais par trois bataillons,ne voulant du reste prendre aucun parti à ce sujet avant l’ar-rangement général des affaires helvétiques.
En attendant l’organisation définitive de la Suisse, il avaitété formé un gouvernement temporaire, composé d’un conseilexécutif et d’un corps législatif peu nombreux. Divers projetsde constitution avaient été rédigés, et secrètement soumis auPremier Consul. Celui-ci, entre ces divers projets, en avaitpréféré un, qui lui semblait conçu dans des vues plus sages,et l’avait renvoyé à Berne avec une sorte de recommanda-tion. Le gouvernement provisoire, composé lui-même despatriotes les plus modérés, avait adopté cette constitution, etl’avait présentée à l’acceptation d’une Diète générale. Le partiunitaire exalté comptait dans cette Diète une majorité consi-^orttuHon dérable, cinquante voix sur quatre-vingts. Bientôt il déclara laFrànce^et's.aniise Diète constituante, rédigea un nouveau projet dans les idéesen vigueur. ( j e p un j t( i absolue, et affectant même de braver la France, pro-clama le Valais partie intégrante du sol de la Confédérationhelvétique. Les représentants des petits cantons se retirèrent,en déclarant qu’ils ne se soumettraient jamais à une pareilleconstitution. Maîtres du gouvernement provisoire, les patriotesmodérés, en voyant ce qui se passait, se concertèrent avec le
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