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LIVRE XV.
Août 180*2.
Les modères,pour donner unesatisfactionau pays,demandentla retraitedes troupesfrançaises.
Le PremierConsuly consent.
Les mode're'srestent en Suisselivres
à leurs seulesforces.
divers partis, et nos soldats assistaient l’arme au bras à tousces désordres. Leur immobilité devint môme un sujet de re-proche , et les patriotes dirent, avec une apparence de raison,que la paix générale régnant en Europe, l’armée françaisen’ayant pas à les défendre contre les Autrichiens, ne voulantpas les défendre contre les soulèvements intérieurs, ils norecueillaient d’autre fruit de sa présence que la peine de lanourrir, et le désagrément d’une occupation étrangère. Laretraite de nos troupes devint bientôt une sorte de satisfactionpatriotique, que les modérés se crurent obligés d’accorder àtous les partis; et ils la demandèrent au Premier Consul, pen-dant que M. Rcding excitait le feu de l’insurrection dans lesmontagnes de Schwitz, d’Uri et d’Unterwalden. Il semblaitd’autant plus nécessaire d’accorder la satisfaction demandée,que la séparation du Valais, définitivement résolue, était unsensible déplaisir pour le cœur des patriotes suisses. Le Pre-mier Consul consentit à l’évacuation, voulant donner au partimodéré l’appui moral le plus entier, mais au fond redoutantbeaucoup la conséquence de ce qu’on allait faire. Les ordresd’évacuation furent immédiatement expédiés. Il resta troismille hommes de troupes suisses à la disposition du nouveaugouvernement. On laissa, en outre, tout près de la frontière,les demi-brigades helvétiques au service de France, et onespéra s’en tirer ainsi sans recours ultérieur à notre armée.Un calme momentané fit place à ces agitations. La constitu-tion du 29 mai, adoptée avec certaines modifications, fut par-tout acceptée. Les petits cantons seuls refusèrent de la mettreen vigueur chez eux. Cependant ils paraissaient vouloir setenir tranquilles, du moins pour le moment.
La séparation du Valais s’accomplit sans difficulté. Ce paysfut constitué de nouveau en petit État indépendant, sous laprotection de la France et de la République italienne. La France,pour unique marque de suzeraineté, s’y réserva une route mi-litaire, qu’elle devait entretenir à ses frais, pourvoir de ma-