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[Vol. 2.]
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LIVRE XV.

Août 1802.

Affaires

de l’Allemagne.

Usage

que l’Autricheveut fairede la pais.

on était beaucoup trop occupé des arrangements territoriauxde l’Allemagne, pour se mêler des affaires de l’Helvétie. Onavait un trop grand besoin de la faveur du Premier Consul,pour songer à lui donner môme un déplaisir. M. de Cobentzel,à Vienne, poussa le soin jusqu’à montrer à notre ambassadeur,M. de Champagny, tout ce que lui écrivait le parti Reding, etles réponses décourageantes qu’il faisait aux vives instances dece parti. La Russie, parfaitement éclairée sur les vues duPremier Consul, comprit que les troubles de la Suisse étaientpour lui un embarras dont il voudrait être sorti, bien plusqu’une occasion artificieusement préparée pour se procurerun territoire ou une influence de plus.

Quelque graves que fussent en elles-mêmes les affairessuisses, quelque graves surtout qu’elles pussent devenir sinos troupes étaient ramenées sur le sol helvétique, elles nepouvaient, dans le moment, détourner des affaires alle-mandes l’attention des puissances. On a vu précédemmentque la cession de la rive gauche du Rhin à la France avaitlaissé sans États une foule de princes, et qu’on était convenuà Lunéville de les indemniser, en sécularisant les principautésecclésiastiques, dont la vieille Allemagne était couverte. C’étaitl’occasion forcée d’un remaniement général du territoire ger-manique. Une telle question ne laissait pas d’attention pourd’autres, chez la plupart des cours du Nord.

L’Autriche, épuisée par une longue lutte, cherchait à répa-rer ses finances délabrées, et à relever le crédit de son pa-pier monnaie. L’archiduc Charles avait gagné toute l’influencequ’avait perdue M. de Thugut. Ce prince, qui avait bien faitla guerre, était partisan déclaré de la paix. R avait vu en uninstant la gloire qu’il s’était acquise sur les bords du Rhin, encombattant les généraux Jourdan et Moreau, s’effacer surles bords du Tagliamcnto, en combattant le général Bona-parte, et il n’était pas tenté de l’essayer de nouveau contre ceredoutable adversaire. Des motifs plus élevés encore influaient