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[Vol. 2.]
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LKS SÉCULARISATIONS.

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czar de vingt-qualre années, et de quelques seigneurs russes Aoûtet polonais du môme âge, on s’était fait, ainsi que nous l’a-vons dit plus haut, de singulières idées sur toutes choses.

Paul I er , Catherine elle-même, y étaient sonsidérés commedes princes barbares et sans lumières. Le partage de la Po-logne était regardé comme un attentat; la guerre à la Révolu-tion française, comme le résultat de préjugés aveugles. LaRussie devait à l’avenir se donner une tout autre mission : elledevait protéger les faibles, contenir les forts, obliger la France etl’Angleterre à se renfermer dans les limites de la justice, les con-traindre toutes deux à respecter dans leur lutte les intérêts desnations. Heureuses prétentions, nobles pensées, si elles avaientété sérieuses, si elles n’avaient pas ressemblé à ces velléités li-bérales de la noblesse française, élevée à l’école de Voltaire et deRousseau, parlant humanité, liberté, jusqu’au jour où la Révo-lution française vint lui demander de conformer ses actes à sesthéories ! Alors ces grands seigneurs philosophes devinrent lesémigrés de Coblentz. Toutefois, de même qu’il y eut en Franceune minorité de la noblesse, fidèle jusqu’au bout à ses premierssentiments, de même dans ces jeunes gouvernants de la Rus-sie, deux se distinguaient par des vues plus arrêtées, par uncaractère plus sérieux, c’étaient M. de Strogonoff et le princeAdam de Czartoryski. M. de Strogonoff annonçait un espritsolide et sincère. Le prince Czartoryski, appliqué, instruit,grave à vingt-cinq ans, ayant pris sur Alexandre une sorted’ascendant, était plein des sentiments héréditaires de sa fa-mille , c’est-à-dire du désir de relever la Pologne ; et il s’ef-forcait, comme on le verra bientôt, de faire aboutir à ce butles combinaisons de la politique russe. Ces jeunes gens, avecles penchants qui les animaient, devaient être jaloux de com-mencer en Allemagne cet arbitrage équitable et souverain, quiles séduisait si fort. L’habile Autriche avait bien su démêlerleurs dispositions, et avait songé à s’en servir. Apercevantclairement la prédilection du Premier Consul pour la Prusse,