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LIVRE XV.
Août 1802.
Ce qu'etaientles indemnitésgermaniques.
Pertes
des nrinces alle-manus à la rivegauche du Rhin.
elle s’était tournée du côté de l’empereur Alexandre ; elle leflattait, et lui offrait le rôle d’arbitre dans les affaires d’Alle-magne. Ce n’était pas l’ambition qui manquait au czar poursaisir un tel rôle; mais il n’était pas facile de s’en emparer enprésence du général Bonaparte, qu’un traité formel investissaitdu droit et du devoir de se mêler de la question des indem-nités germaniques, et qui n’était pas homme à laisser faireaux autres ce qu’il lui appartenait de faire lui-même. Aussil’empereur Alexandre, quoique impatient de figurer sur lascène du monde, montrait-il une réserve méritoire à son âge,surtout avec les sentiments ambitieux qui remplissaient soncœur.
Il faut pénétrer maintenant dans l’obscure et difficile affairedes indemnités germaniques. Cette affaire entamée au con-grès de Rastadt, après la paix de Campo-Formio, abandonnéepar suite de l’assassinat de nos plénipotentiaires et de la se-conde coalition, reprise depuis la paix de Lunéville, souventcommencée, jamais terminée, était une grave question pourl’Europe, question qu’on poussait devant soi, ne sachant com-ment la résoudre. Elle ne pouvait être résolue que par laferme volonté du Premier Consul, car il était impossible quel’Allemagne y suffit à elle seule.
Par les traités de Campo-Formio et de Lunéville, la rivegauche du Rhin était devenue notre propriété, depuis le pointoù ce beau fleuve sort du territoire suisse, entre Bâle et IIu-ningue, jusqu’à celui où il entre sur le territoire hollandais,entre Émerick et Nimègue. (Voir la carte n° 20.) Mais par lacession de cette rive à la France, des princes allemands, detout rang et de tout état, tant héréditaires qu’ecclésiastiques,avaient fait des pertes considérables en territoire et en revenu,La Bavière s’était vu enlever le duché de Deux-Ponts, le Pala-tinat du Rhin, le duché de Juliers. Le Wurtemberg, Baden,avaient été privés de la principauté de Montbéliard et autresdomaines. Les trois électeurs ecclésiastiques de Mayence, de