LES SÉCULARISATIONS.
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Trêves, de Cologne étaient presque restés sans États. Les deux Août îsœ.liesses avaient perdu plusieurs seigneuries ; l’évêque de Liège,l’évêque de Bâle, avaient été complètement dépossédés deleurs évêchés. La Prusse avait été obligée de renoncer, au pro-lit de la France, au duché de Gueldre, à une partie de celui deClèves, et à la petite principauté de Mœurs, territoires situéssur le cours inférieur du Rhin. Enfin une foule de princes desecond et troisième ordre avaient vu disparaître leurs princi-pautés et leurs fiefs impériaux. Ce n’étaient pas là toutes lesdépossessions amenées par la guerre. En Italie, deux archi-ducs d’Autriche avaient été forcés de renoncer, l’un à la Tos-cane, l’autre au duché de Modène. En Hollande, la maisond’Orange-Nassau, alliée de la Prusse, avait perdu le stathou-dérat, plus une assez grande quantité de biens personnels.
D’après les règles de la stricte justice, les princes allemandsauraient dû être seuls dédommagés sur le territoire germa-nique. Des archiducs, oncles ou frères de l’empereur, ayantdepuis long-temps la qualité de princes italiens, n’avaient au-cun titre pour obtenir des établissements en Allemagne, aucun,sinon d’être les parents de l’empereur. Or, c’était l’empereurqui avait poussé la malheureuse Allemagne à la guerre, quil’avait exposée ainsi à des pertes considérables de territoire,et il venait la forcer d’indemniser ses propres parents, en-traînés eux aussi, contre leur gré, à prendre part à cetteguerre folle et mal conduite! On en pouvait dire autant dustathouder. Si ce prince avait perdu ses États, ce n’était pasà l’Allemagne à payer les fautes qu’on lui avait fait commettre.
Mais le stathouder était le beau-frère du roi de Prusse, et ceroi, ne voulant pas faire pour sa famille moins que l’empe-reur pour la sienne, demandait que la maison d’Orange-Nas-sau fût indemnisée en Allemagne. Il fallait donc, outre lesprinces allemands, dédommager encore les archiducs privésde leurs États en Italie, les Orange-Nassau dépossédés du sta-thoudérat. On avait demandé à la France, au traité de Luné-