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[Vol. 2.]
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LIVRE XV.

Août 1802.

RelationsIntimesde l’Autricheavec le particatholique.

Prusse une puissance de premier ordre au moyen des dépouillesautrichiennes, avait allumé entre les deux grandes maisonsallemandes une haine violente. Cette haine, un moment éteinteen présence de la Révolution française, s’était rallumée bien-tôt , depuis que la Prusse, se séparant de la coalition, avaitfait sa paix avec la France, et s’était enrichie par sa neutralité,pendant que l’Autriche s’épuisait pour soutenir seule la guerreentreprise en commun. Maintenant surtout que, la guerre finie,il fallait partager le patrimoine de l’Eglise, l’avidité des deuxcours avait ajouté de nouveaux ferments à la passion qui lesdivisait.

La Prusse voulait naturellement profiter de l’occasion dessécularisations pour affaiblir à jamais l’Autriche. Celle-ci étaità la fin du dix-huitième siècle, comme dans la guerre de Trente-Ans, comme dans les guerres de Charles-Quiut, l’appui duparti catholique : non pas que, dans tous les cas, les protes-tants fussent portés pour la Prusse, et les catholiques pourl’Autriche; les jalousies de voisinage au contraire altéraientsouvent ces relations. Ainsi, la Bavière, catholique fervente,mais sans cesse alarmée des vues de l’Autriche sur son terri-toire, votait ordinairement avec la Prusse. La Saxe 1 , quoiqueprotestante, était souvent opposée à la Prusse par défiance devoisinage, et votait avec l’Autriche. Mais, en général, l’Au-triche avait pour clients les princes catholiques, et particu-lièrement les États ecclésiastiques. Ceux-ci opinaient eu safaveur quand il fallait déférer l’empire ; ils se conformaient àson avis dans les assemblées où se débattaient les affaires gé-nérales. Ne levant pas d’armées, ils laissaient les recruteursautrichiens prendre des soldats chez eux ; de plus, ils fournis-saient des apanages aux cadets de la maison impériale. L’ar-chiduc Charles, par exemple, venait de recevoir un richebénéfice dans la grande maîtrise de l’Ordre Tcutonique, qui

1 11 faut toutefois remarquer qu’à cette époque l’électeur de Saxe étaitcatholique, tandis que son pays était protestant, et comptait pour tel.