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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS.

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lui avait été récemment déférée. L’évéque de Munster et l’ar-chevéque de Cologne étant morts, les chapitres de ces deuxsièges avaient nommé l’archiduc Antoine pour remplacer lesprélats défunts. Comme dans tous les pays aristocratiques,l’Église fournissait ainsi des dotations aux puînés des grandesfamilles. La Prusse naturellement savait mauvais gré aux Étatsecclésiastiques de donner à l’Autriche des soldats, des apa-nages et des voix à la Diète.

Une fois engagés dans les réformes constitutionnelles, lesprinces allemands allaient être amenés à d’autres changementsencore, notamment à la suppression des villes libres et de lanoblesse immédiate.

Les villes libres devaient leur origine aux empereurs. Demême que les rois de France avaient jadis affranchi les com-munes de la tyrannie des seigneurs, de même les empereursavaient donné aux villes d’Allemagne, formées par l’industrieet le commerce, une existence indépendante, des droits re-connus , souvent aussi des privilèges. C’était là ce qui avaitintroduit dans cette vaste féodalité allemande, à côté desseigneurs féodaux, à côté des prêtres souverains portant descouronnes de comtes ou de ducs, des républiques démocra-tiques, célèbres par leur richesse et leur génie. Augsbourg,Nuremberg, Cologne, sous le rapport des arts, de l’industrieet du commerce, avaient autrefois bien mérité de l’Allemagneet de l’humanité entière. Toutes ces villes étaient tombéessous le joug de petites aristocraties locales, et la plupartétaient déplorablement administrées. Celles dont le commerces’était maintenu échappaient à la ruine commune, et présen-taient même des républiques assez prospères. Mais ellesétaient jalousées par les princes voisins, qui cherchaient à lesadjoindre à leur territoire. La Prusse, en particulier, auraitvoulu incorporer dans ses États Nuremberg, et la BavièreAugsbourg, bien que ces villes fussent toutes deux fort dé-chues de leur ancienne splendeur.

Août 1802.

Les villes libres,leur origine,leur suppressioninévitable.