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[Vol. 2.]
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LES SECULARISATIONS.

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accroître le pouvoir absolu des rois de Prusse, des électeurs Août I802.de Bavière, des ducs de Wurtemberg. A cette condition, ilétait permis de les voir avec quelque regret.

11 y a, dans l’histoire des monarchies européennes, deuxrévolutions fort différentes par leur objet et par leur date : lapremière, au moyen de laquelle la royauté conquiert sur laféodalité les petites souverainetés locales, absorbant ainsibeaucoup d’existences particulières, pour former un seul Etat;la seconde, au moyen de laquelle la royauté, après avoir formécet État unique, est obligée de compter avec la nation, etd’accorder une liberté générale, uniforme, régulière, bien pré-férable assurément aux libertés particulières de la féodalité.

La France, en 1789, après avoir achevé cette première révo-lution, entreprenait la seconde. L’Allemagne, en 1803, en étaitencore à la première, et elle ne l’a pas même achevée aujour-d’hui. L’Autriche, sans aucune autre vue que de conserverson influence dans l’empire, défendait la vieille constitutiongermanique, et avec elle les libertés féodales de l’Allemagne.

La Prusse, au contraire, avide d’incorporations, voulant ab-sorber les villes libres et la noblesse immédiate, devenait no-vatrice par ambition, et tendait à donner à l’Allemagne lesformes de la société moderne, c’est-à-dire à commencer, sansle vouloir, sans le savoir, l'œuvre de la Révolution françaisedans le vieil empire germanique.

Si les vues constitutionnelles de ces deux puissances étaientdiverses, leurs prétentions territoriales ne l’étaient pas moins.

L’Autriche voulait faire indemniser largement ses deuxarchiducs, et sous ce prétexte étendre et améliorer la fron-tière de ses propres États. Elle s’occupait peu du duc de Mo-dène, doté depuis long-temps, par les traités de Campo-l'or-mio et de Lunéville, du Brisgau (petite province du pays deBadcn) dont il se souciait médiocrement, aimant mieux jouirtranquillement à Venise de ses immenses richesses, accumu-lées à force d’avarice. Mais elle s’occupait sérieusement de