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LIVKK XV.
Août 1602.
Demandesde l’Autriche.
l’archiduc Ferdinand, ancien souverain de la Toscane. Elle con-voitait pour lui le bel archevêché de Salzbourg, qui rattachaitle Tyrol au corps de la monarchie autrichienne, plus la pré-vôté de Berchtolsgaden, enclavée dans l’archevêché de Salz-bourg. ( Voir la carte n° 20. ) Ces deux principautés luié promises, mais elle souhaitait obtenir
davantage. Elle voulait pour ce même archiduc l’évêché dePassau, qui assurait à sa maison l’importante place de Passau,située au confluent de l’Inn et du Danube, le superbe évêchéd’Àugsbourg, s’étendant longitudinalement sur le Lech, aumilieu même de la Bavière, enfin le comté de Werdenfels 1 ,et l’abbaye de Kempten, deux possessions placées sur le pen-chant des Alpes du Tyrol, dominant l’une et l’autre les sourcesdes fleuves qui traversent la Bavière, tels que l’Inn, l’Isar, laLoisach, le Loch. Si on ajoute à cela dix-neuf villes libres enSouabe, plus douze grandes abbayes immédiates, et si onsonge que l’Autriche, indépendamment de ce qu’elle deman-dait pour l’archiduc en Souabe, avait une foule d’anciennespossessions dans cette contrée, on comprendra facilement sesdesseins en cette circonstance. Elle voulait, au moyen de laprétendue indemnité de l’archiduc Ferdinand, prendre posi-tion au milieu de la Bavière par Augsbourg, au-dessus parWerdenfels et Kempten, au delà par ses possessions deSouabe, et, en la pressant ainsi dans les serres de l’aigle im-périal , l’amener à lui céder la partie de ses États qu’elle con-voitait depuis long-temps, c’est-à-dire le cours de l’Inn, peut-être même celui de l’Isar.
C’était l’une des plus anciennes prétentions de l’Autriche quede s’étendre en Bavière pour s’y faire une meilleure frontière,et de prolonger en même temps ses postes dans les Alpestyroliennes, jusqu’aux limites de la Suisse. La possession dela ligne de l’Isar était le plus cher de ses vœux, et n’aurait
' Ce comté dépendait de l’évéebé de Freisingen.