«2
U VUE XV.
AnAt 1802. étaient voisins du Ilaut-Palatinat, mais égalant à peine lesdeux tiers de ce qui lui était dû. Peut-être l’Autriche aurait-elle ajouté à ce lot l’évêché de Freisingen, situé sur l’Isar, toutprès de Munich. À la Prusse, l’Autriche entendait donner ungros évêché au nord, Paderborn par exemple, peut-être deuxou trois abbayes, comme Essen et Werden; enfin au stat-houder un territoire quelconque en Westphalie, c’est-à-direle quart au plus de ce qu’ambitionnait la maison de Brande-bourg, pour elle-même et pour sa parenté. Après avoir con-cédé aux deux Hesses, à Baden et au Wurtemberg, quelquesdépouilles du bas clergé, et un certain nombre d’abbayes àla foule des petits princes héréditaires, lesquels, disait-elle,seraient bien heureux de prendre ce qu’on leur donnerait,l’Autriche voulait avec les gros territoires du nord et du centrede l’Allemagne, tels que Munster, Osnabrück, Hildesheim,Fulde, avec les débris des électorats de Cologne, Mayence etTrêves, conserver les trois électeurs ecclésiastiques, et sauverpar là son influence en empire.
Sur les trois électorats ecclésiastiques, le premier, celuide Mayence, venait de passer au coadjuteur du dernier ar-chevêque. Ce nouveau titulaire, membre de la maison de Dal-berg r était un prélat instruit, spirituel, homme du monde.L’électorat de Trêves appartenait à un prince saxon, encorevivant, retiré dans l’évêché d’Augsbourg dont il cumulait letitre avec celui de Trêves, oubliant dans l’observation assiduedes pratiques religieuses, dans l’opulence que lui procuraientles pensions de sa famille, sa grandeur électorale perdue.L’électorat de Cologne était devenu vacant par la mort du titu-laire. Les évêchés de Munster, de Freisingen, de llatisbonne,la prévôté de Berchtolsgaden, venaient de A'aquer aussi. Soitque l’Autriche fût ou ne fût pas complice des chapitres, elleavait laissé nommer, en présence d’un commissaire impérial,l’archiduc Antoine pour évêque de Munster et pour archevê-que de Cologne. La Prusse irritée avait réclamé vivement,