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[Vol. 2.]
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LIVRE XV.

Août 1802. à faire en Souabe ; elle y voulait doubler au moins son terri-toire. C’était une ambition constante de ces deux grandescours de prendre, dans le milieu de l’Allemagne, des positionsavancées, soit l’une contre l’autre, soit contre la France, soitaussi pour y tenir sous leur influence les États du centre dela confédération. Dans ses premiers élans d’ambition, la Prussen’avait pas demandé moins que les évêchés de Wurtzbourg etde Bamberg, contigus aux marquisats d’Anspach et de Ba-reuth, et destinés dans la pensée de tout le monde à in-demniser la Bavière. Cette prétention avait rencontré de tellesobjections, surtout à Paris, qu’il avait fallu y renoncer.

A défaut de Wurtzbourg et de Bamberg, la Prusse, qui avaitperdu seulement le duché de Gueldre, une portion du duchéde Clèves, la petite principauté de Mœurs, quelques péagessupprimés sur le Rhin, et les enclaves de Savenaer, Iluissen,Marbourg, cédés à la Hollande, ce qui représentait 700 milleflorins de revenu suivant la Russie, 1,200 mille suivant laFrance, la Prusse ne voulait pas moins qu’une partie du nordde l’Allemagne, c’est-à-dire les évêchés de Munster, de Pa-derborn, d’Osnahruck, d’Hildesheim, plus les restes de l’élec-torat de Mayence en Thuringe, tels que l’Eichsfeld et Erfurth,puis enfin en Franconie, où elle n’abdiquait pas ses préten-tions, l’évêché d’Àichstedt et la célèbre ville de Nuremberg.

Faisant, à l’égard de l’indemnité du stathouder, les mêmescalculs que l’Autriche à l’égard de l’indemnité du duc de Tos-cane, elle demandait pour la maison d’Orange-Nassau un éta-blissement contigu au territoire prussien, et comprenant lespays qui suivent: le duché de Westphalie, le pays de Reck-lingsausen, les restes des deux électorats de Cologne et deTrêves, à la droite du Rhin. Il en résultait pour le stathouder,outre l’avantage d’être adossé à la Prusse, avantage fort grandpour elle et pour lui, celui d’être placé près de la Hollande,et de pouvoir y profiter des retours de la fortune. Maintenant,si on songe à la fausseté des évaluations de la Prusse, si on