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[Vol. 2.]
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LIVRE XV.

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Août 1802.

Les princes.allemands inütent la l*russe-et ont tousrecoursla France.

Singularité <luspectacle queles puissancesallemandesprésentent aumoment dessécularisations.

elle savait enfin qu’il n’y avait d’appui à espérer que du côtéde la France; que se prêter au déplacement de la négociation,ce serait désobliger le Premier Consul, et accepter des arbitresmal disposés à son égard. Aussi refusa-t-elle nettement toutesles ouvertures de l’Autriche, qui, en désespoir de cause, luioffrait de s’entendre à elles deux, de s’accorder l’une à l’autrela part du lion, en sacrifiant tous les princes de second et detroisième ordre, et de s’adresser ensuite à Pétersbourg pourobtenir la consécration du partage qu’elles auraient fait, dansle but surtout de soustraire l’Allemagne au joug des Français.

Les princes allemands, suivant l’exemple de laPrusse, avaienttous recours à la France. Au lieu de solliciter à Londres, à Pé-lersbourg, à Vienne, à Berlin, ils sollicitaient à Paris. La Ba-vière , tourmentée par l’Autriche ; les ducs de Baden, de Wur-temberg, de Hesse, jaloux les uns des autres; les petites fa-milles effrayées de l’avidité des grandes; les villes libres,menacées d’incorporation ; la noblesse immédiate, exposée aumême danger que les villes libres; tous, grands et petits, ré-publiques ou souverains héréditaires, plaidaient leur cause àParis, les uns par l’intermédiaire de leurs ministres, les autresdirectement et en personne. Le ci-devant stathouder y avaitenvoyé son fils, le prince d’Orange, depuis roi des Pays-Bas,prince distingué, que le Premier Consul avait accueilli avecbeaucoup de faveur. Plusieurs autres princes y étaient venuségalement. Tous fréquentaient avec empressement ce palaisde Saint-Cloud, où un général de la République était courtiséà l’égal des rois.

Singulier spectacle que l’Europe donnait alors, et qui prouvebien l’inconséquence des passions humaines, et la profondeurdes desseins de la Providence !

La Prusse et l’Autriche avaient entraîné l’Allemagne à uneguerre injuste contre la Bévolution française, et elles avaientété vaincues. La France, par le droit de la victoire, droit in-contestable quand la puissance victorieuse a été provoquée,