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[Vol. 2.]
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LES SÉCULARISATIONS. «7

avait conquis la rive gauche du Rhin. Une partie des princesallemands se trouvaient dès lors sans États. Il était naturelde les indemniser en Allemagne, et de n’indemniser qu’eux.Cependant la Prusse et l’Autriche, qui les avaient compromis,voulaient indemniser aux dépens de cette malheureuse Alle-magne leurs propres parents, italiens comme les archiducs,ou hollandais comme le stathouder; et, ce qui est plus étrangeencore, elles voulaient, sous le nom de leurs proches, s’in-demniser elles-mêmes, toujours aux dépens de cette Alle-magne , victime de leurs fautes. Et ces dédommagements, oùles cherchaient-elles ? dans les biens mêmes de l’Église ; c’est-à-dire que les défenseurs du trône et de l’autel, rentrés chezeux après s’être fait battre, entendaient se dédommager d’uneguerre malheureuse en dépouillant l’autel qu’ils étaient allésdéfendre, et en imitant la Révolution française qu’ils ôtaientvenus attaquer ! Et, chose plus extraordinaire encore, s’il estpossible, ils demandaient au représentant victorieux de cetteRévolution, de leur partager ces dépouilles de l’autel, qu’ilsne savaient pas se partager eux-mêmes !

Le Premier Consul s’inquiétait peu du mouvement qu’on sedonnait autour de lui pour attirer la négociation tantôt ici,tantôt là. Il savait qu’elle n’aurait lieu qu’à Paris, parce qu’ille voulait ainsi, et que c’était mieux de tout point. Libre deses mouvements depuis la signature de la paix générale, ilécouta successivement les parties intéressées : la Prusse, quine désirait agir qu’avec lui et par lui; l’Autriche, qui, tout encherchant à porter l’arbitrage à Pétersbourg, ne négligeait riencependant pour le disposer en sa faveur; la Bavière, qui luidemandait conseil et appui contre les offres menaçantes del’Autriche; la maison d’Orange, qui avait envoyé son fils àParis ; les maisons de Baden, de Wurtemberg, do Hesse, quipromettaient le plus entier dévouement si on voulait les avan-tager; enfin, la masse des petits princes qui se réclamaientde leur ancienne alliance avec la France. Après avoir entendu

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Août 1802.

Politiquedu PremierConsul dansles affairesd’Allemagne.