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LIVRE XV.
Août 1802.
Dix jours«formasà laltussicpour
se prononcer
Entrevue duroi de Prusseet de l’empe-reur de RussieàMdmel.
à la Diète au nom do la Franco et de la Russie, se constituantmédiatrices auprès du corps germanique. Le Premier Consul,en liant ainsi la Russie à son projet, d’accord en outre sur cemême projet avec la Prusse, la Bavière, les principaux Etatsde second et troisième ordre, ne pouvait manquer de vaincrela résistance de l’Autriche. Mais il craignait les efforts qu’elleallait faire à Pétersbourg pour ébranler le jeune empereur,pour éveiller ses scrupules, et intéresser sa justice contre savanité très-flattée du rôle qui lui était offert. Aussi chargea-t-il le général Hédouvillo, notre ambassadeur à Pétersbourg,de déclarer qu’on n’attendrait que dix jours le consentementdu cabinet russe, et la ratification de la convention du 4 juin. 11fit faire cette déclaration en termes mesurés, mais positifs.Elle signifiait clairement que, si la Russie n’appréciait pointassez l’honneur do régler en commun avec la France le nouvelétat de l’Allemagne, le Premier Consul passerait outre, et seconstituerait seul médiateur. Il y avait eu de l’habileté et deI’à-propos dans la condescendance témoignée à la cour de Rus-sie ; il n’y en avait pas moins dans la fermeté qu’on montraità la fin de la négociation entamée avec elle.
Dans ce moment, l’empereur Alexandre se trouvait hors deSaint-Pétersbourg ; il avait une entrevue à Mémel avec le roide Prusse. Quoique la diplomatie russe fût toute favorable àl’Autriche, et défavorable à la Prusse, dont elle critiquait amè-rement l’ambition et la condescendance envers la France, l’em-pereur Alexandre ne partageait pas ces dispositions. 11 s’étaitpersuadé, sans savoir trop pourquoi, que la Prusse était unepuissance beaucoup plus redoutable que l’Autriche ; il croyaitquo le secret du grand art de la guerre était resté, depuis lamort do Frédéric II, dans les rangs de l’armée prussienne, etil demeura même jusqu’à léna dons cette persuasion. Il avaitentendu parler du roi qui gouvernait la Prusse, de sa jeunesse,do ses vertus, de ses lumières, de sa résistance à ses mi-nistres; et, croyant voir entre la position de ce roi et la sienne