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[Vol. 2.]
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RUPTURE UE LA PAIX D’AMIENS.

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Le Premier Consul veut avoir une explication personnelle avec lord Witli-wortb. —Long et mémorable entretien, — La franchise du Premier Consulmal comprise et mal interprétée. — Exposé de l’état de la République, con-tenant une phrase blessante pour l’orgueil britannique. — Message royal enréponse. — Les deux nations s’adressent une sorte de défi. — Irritation duPremier Consul, et scène publique faite à lord Witbworth, en présence ducorps diplomatique.—Le Pi emier Consul passe subitement des idées depaixaux idées de guerre. — Ses premiers préparatifs. — Cession de la Lousianeaux États-Unis, moyennant quatre-vingts millions. ■— M. de Tallcyrand s’ef-force de calmer le Premier Consul, et oppose une inertie calculée à l’irrita-tion des deux gouvernements. — Lord Witbworth le seconde. — Prolon-gation de cette situation. — Nécessité d’en sortir. — Le cabinet britanniquefinit par avouer qu’il veut garder Malte. — Le Premier Consul répond parla sommation d'exécuter les traités. — Le ministère Addington, de peur desuccomber dans le Parlement, persiste à demander Malte. — On imagineplusieurs termes moyens qui n’ont aucun cuccès. — Offre de la France demettre Malte en dépôt dans les mains de l’empereur Alexandre. — Refusde cette offre. — Départ des deux ambassadeurs. — Rupture de la paixd’Amiens. — Anxiété publique tant à Londres qu’à Paris. — Causes delàbrièveté de cette paix. — A qui appartiennent les torts de la rupture? —

Tandis que lePremier Consul réglait en arbitre suprême lesaffaires du continent européen, son ardente activité, embras-sant les deux mondes, s’étendait jusque dans l’Amérique etles Indes, pour y rétablir l’ancienne grandeur colonialo de laFrance.

Aujourd’hui que les nations européennes sontdevenues ma-nufacturières bien plus que commerçantes ; aujourd’hui qu’ellessont parvenues à imiter, à surpasser ce qu’elles allaient cher-cher au delàdes mers; aujourd’hui enfin que les grandes colo-nies, affranchies de leurs métropoles, sont montées au rangd’États indépendants, le tableau du monde est change au pointde ne pas le reconnaître. De nouvelles ambitions ont succédéh celles qui le divisaient alors, et on a peine à comprendre lesmotifs pour lesquels coulait il y a un siècle le sang des hom-mes. L’Angleterre possédait, à titre de colonie, l’Amérique dunord; l’Espagne, au môme titre, possédait l’Amérique du sud;la France possédait les principales Antilles, et la plus belle detoutes, Saint-Domingue. L’Angleterre et la France se dispu-taient l’Inde. Chacune de ces puissances imposait à ses colo-nies l’obligation de ne donner qu’à elle-même les denrées tro-

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