RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS.
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Saint-Domingue. L’Inde enfin, sous le sceptre de l’Angleterre,n’est plus qu’une conquête, ruinée par les progrès de l’industrieeuropéenne, et employée à nourrir quelques officiers, quel-ques commis, quelques magistrats de la métropole. De nosjours, les nations veulent tout produire elles-mêmes, faire ac-cepter à leurs voisins moins habiles l’excédant de leurs pro-duits , et ne consentent à s’emprunter que les matières pre-mières, cherchent même à faire naître ces matières le plus prèspossible de leur sol: témoin les essais réitérés pour naturaliserle coton en Égypte et en Algérie. Au grand spectacle de l’am-bition coloniale a succédé de la sorte le spectacle de l’ambitionmanufacturière. Ainsi le monde change sans cesse, et chaquesiècle a besoin de quelques efforts de mémoire et d’intelligencepour comprendre le siècle précédent.
Cette immense révolution industrielle et commerciale, com-mencée sous Louis XVI avec la guerre d’Amérique, s’est ache-vée sous Napoléon avec le blocus continental. La longue luttede l’Angleterre et de la France en a été la principale cause;car, tandis que la première voulait s’attribuer le monopole desproduits exotiques, la seconde se vengeait en les imitant. L’in-spirateur de cette imitation, c’est Napoléon, dont la destinéeétait ainsi de renouveler, sous tous les rapports, la face dumonde. Mais, avant de jeter la France dans le système conti-nental et manufacturier, comme il le fit plus tard, Napoléonconsul, tout plein des idées du siècle qui venait de finir, plusconfiant dans la marine française qu’il ne le fut depuis, tentade vastes entreprises pour restaurer notre prospérité colo-niale.
Cette prospérité avait été assez grande autrefois pour justi-fier les regrets et les tentatives dont elle était alors l’objet. En1789, la France tirait de ses colonies une valeur de 250 mil-lions par an, en sucre, café, coton, indigo, etc. ; elle en con-sommait de 80 à 100 millions, et en réexportait 150, qu’elleversait dans toute l’Europe, principalement sous forme de
FeY 1802.
Anciencommercede la traneeavec
sos colonies.