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LIVRE XVI.
F*. 1802 .
Motifs
qui portaientle 1‘rentierConsulaux grandesentreprisescoloniales.
sucre raffiné. Il faudrait doubler au moins ces valeurs pourtrouver celles qui leur correspondent aujourd’hui; et assuré-ment nous estimerions fort, nous placerions au rang de nospremiers intérêts, des colonies qui nous fourniraient la matièred’un commerce de 500 millions. La France trouvait dans cecommerce un moyen d'attirer chez elle une partie du numérairede l’Espagne, qui nous donnait ses piastres pour nos produitscoloniaux et manufacturés. À l’époque dont nous parlons, c’est-«i-dirc en 1802, la France, privée de denrées coloniales, prin-cipalement de sucre et de café, n’en ayant pas même pourson usage, les demandait aux Américains, aux villes anséa-tiques, à la Hollande, à Gênes, et, depuis la paix, aux Anglais.Elle les payait en métaux, n’avant pas encore, dans son in-dustrie à peine renaissante, les moyens de les payer en pro-duits de ses manufactures. Le numéraire n’ayant jamais, de-puis les assignats, reparu avec son ancienne abondance, elleen manquait souvent ; ce qui se révélait par les efforts conti-nuels de la nouvelle banque pour acquérir des piastres, sor-ties d’Espagne par la contrebande. Aussi n’y avait-il rien deplus ordinaire dans la classe commerçante que d’entendre desplaintes sur la rareté du numéraire, sur l’inconvénient d’êtreobligé d’acheter à prix d’argent, le sucre et le café que noustirions autrefois des possessions françaises. Il faut sans douteattribuer ce langage à quelques idées fausses sur la manièredont s’établit la balance du commerce ; mais il faut l’attribueraussi à un fait vrai, la difficulté de se procurer des denréescoloniales, et la difficulté plus grande encore de les payer, ouen argent resté rare depuis les assignats, ou en produits en-core peu abondants de notre industrie.
Si l’on ajoute que de nombreux colons, autrefois riches,maintenant ruinés, encombraient Paris, et joignaient leursplaintes à celles des émigrés, on se fera une idée complète desmotifs qui agissaient sur l’esprit du Premier Consul, et le por-taient vers les grandes entreprises coloniales. C’est sous ces