RUPTURE RE LA PAIX D’AMIENS.
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seul pouvait les vaincre ; lui seul en effet les a vaincus dansce siècle héroïque, car ils n’ont succombé que sous le soleilde Saint-Domingue, ou sous les glaces de Moscou !
Le capitaine général Leclerc était résolu à profiter des moisde février, mars et avril, pour achever cette occupation, parceque plus tard les chaleurs et les pluies rendaient les opérationsmilitaires impossibles. Grâce à l’arrivée des divisions navalesde la Méditerranée, commandées par les amiraux Ganteaumeet Linois, l’armée de débarquement se trouvait portée à 17ou 18 mille hommes. Quelques soldats, il est vrai, étaient ma-lades ; mais il en restait 15 mille en état d’agir. Le capitainegénéral avait donc tous les moyens d’accomplir sa tâche.
Avant d’en poursuivre l’exécution, il voulut adresser unesommation à Toussaint. Ce noir, capable des plus grandes atro-cités pour faire réussir ses desseins, était sensible néanmoinsaux affections de la nature. Le capitaine général, par ordre duPremier Consul, avait amené, comme nous l’avons dit, les deuxfils de Toussaint, élevés en France, afin d’essayer sur son cœurl’influence des sollicitations filiales. Le précepteur qui avait étéchargé de leur éducation devait les conduire à leur père, luiremettre la lettre du Premier Consul, et chercher à le rat-tacher à la France, en lui promettant la seconde autorité dePile.
Toussaint reçut ses deux fils et leur précepteur dans sonhabitation d’Ennery, sa retraite ordinaire. Il les serra long-temps dans ses bras, et parut un instant subjugué par sonémotion. Ce vieux cœur, dévoré d’ambition, fut ébranlé. Lesfils de Toussaint et l’homme respectable qui les avait élevés,lui peignirent alors la puissance et l’humanité de la nationfrançaise, les avantages attachés à une soumission qui lais-serait bien grande encore sa situation à Saint-Domingue, quiassurerait à ses enfants un avenir brillant; le danger, au con-traire, d’une ruine presque certaine en s’obstinant à combat-tre. La mère de l’un de ces deux jeunes gens se joignit à eux
Ftfv. 1802.
Les enfantsde Toussaintenvoyésà leur père,
f iour essayere le ramenerà l’obéissance.
EntrevuedeTous saintavec ses fils.Son émotionet ses doutes.