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[Vol. 2.]
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LIVRE XVI.

Nov. 1802 .

Le

gouvernementhelvétique,menacé detoutes parts,demandel'interventionde la France.

Le PremierConsul refusel'interventiondemandée.

pouvait juger maintenant ce que valait la popularité acquiseau prix de la retraite des troupes françaises.

Dans son embarras, il convint d’un armistice avec les insur-gés , puis s’adressa au Premier Consul, et sollicita vivementl’intervention de la France que les insurgés demandaient ausside leur côté, puisqu’ils voulaient que leurs relations avec legouvernement central fussent réglées sous les auspices duministre Verninac.

Quand cette demande d’intervention fut connue à Paris, lePremier Consul se repentit d’avoir trop facilement cédé auxidées du parti Dolder, ainsi qu’à son propre désir de sortirdes alfaires suisses, ce qui l’avait porté à retirer prématuré-ment les troupes françaises. Les faire rentrer maintenant, enprésence de l’Angleterre malveillante, se plaignant de notreaction trop manifeste sur les États du continent, était un acteextrêmement grave. Du reste, il ne savait pas encore tout cequi se passait en Suisse; il ne savait pas à quel point les pro-vocateurs du mouvement des petits cantons avaient révéléleurs véritables desseins, pour se montrer ce qu’ils étaient,c’est-à-dire les agents de la contre-révolution européenne, etles alliés de l’Autriche et de l’Angleterre. Il refusa donc l’in-tervention, universellement demandée, dont la conséquenceinévitable aurait été le retour des troupes françaises en Suisse,et l’occupation militaire d’un État indépendant garanti parl’Europe.

Cette réponse jeta le gouvernement helvétique dans la con-sternation. On ne savait que faire à Berne, menacé qu’on étaitd’une rupture prochaine de l’armistice, et d’un soulèvementdes paysans de l’Oberland. Certains membres du gouverne-ment imaginèrent de sacrifier le landamman Dolder, chef desmodérés, qui à ce titre était détesté également par les patriotesunitaires et par les oligarques. Les uns et les autres promet-taient de se calmer à cette condition. On se rendit chez lecitoyen Dolder, on lui fit une sorte de violence, et on lui arracha