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[Vol. 2.]
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RUPTURE DE LA PAIX D AMIENS.

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traité, devait être envoyée à Malte en attendant la reconstitu-tion de l’ordre, avait été reçue dans l’ile, et seulement en de-hors des fortifications. La chancellerie française s’était enfinmise en mouvement, mais trop tard. Cette fois l’empereur deRussie, pressé de s’expliquer, avait refusé sa garantie. Unautre embarras était survenu. Le grand-maître nommé par lePape, le bailli Ruspoli, effrayé du sort de son prédécesseur,M. de Ilompesch, voyant que la charge de l’ordre de Malte neconsistait plus à combattre les infidèles, mais à se tenir enéquilibre entre deux grandes nations maritimes, avec certitudede devenir la proie de l’une ou de l’autre, ne voulait pas ac-cepter la dignité onéreuse et vaine qui lui était offerte, et ré-sistait aux instances de la cour romaine, ainsi qu’aux pres-santes invitations du Premier Consul.

Telles étaient les circonstances qui avaient fait différer l’é-vacuation de Malte jusqu’en novembre 1802. Il en résulta pourle cabinet anglais la dangereuse tentation de la différer encore.Effectivement, le jour même où l’agent Moore partait pour laSuisse, une frégate faisait voile vers la Méditerranée, pourporter à la garnison de Malte l’ordre d’y rester. C’était unegrave faute de la part d’un ministère qui tenait à conserver lapaix, car il allait exciter en Angleterre une convoitise natio-nale, à laquelle personne ne pourrait plus résister après l’a-voir excitée. De plus il manquait formellement au traité d’A-miens , en présence d’un adversaire qui avait mis de l’orgueilà l’exécuter ponctuellement, et qui en mettrait bien plus en-core à le faire exécuter par tous les signataires. C’était uneconduite à la fois imprudente et peu régulière.

Les réclamations du cabinet britannique en faveur de l’in-dépendance suisse furent fort mal accueillies du cabinet fran-çais , et bien qu’on pût entrevoir les conséquences de ce mau-vais accueil, le Premier Consul ne se laissa aucunement ébran-ler. 11 persista plus que jamais dans ses résolutions. Il réitérases ordres au général Ney, et lui en prescrivit l’exécution la

Nov. 1802.

Imprudencede la

re'solutionprise parle cabinetbritanniqueà l’dgardde Malte.

Le PremierConsulrepousse lesréclamationsdu cabinetanglaisrelativementà la Suisse.