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[Vol. 2.]
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LIVRE XVI.

Nov. in»- plus prompte et la plus décisive. Il voulait prouver que ceprétendu soulèvement national de la Suisse n’était qu’une ten-tative ridicule, provoquée par l’intérêt de quelques familles,et aussitôt réprimée qu’essayée.

11 était convaincu d’obéir, en cette circonstance, à un grandintérêt national; mais il était excité encore par l’espèce de défiqu’on lui jetait à la face de l’Europe, car les insurgés disaienttout haut, et leurs agents répétaient en tous lieux, que le Pre-mier Consul avait les mains liées, et qu’il n’oserait pas agir.La réponse adressée par ses ordres à lord Hawkesbury avaitquelque chose de vraiment extraordinaire. Nous en donnonsla substance, sans conseiller à qui que ce soit de l’imiter ja-mais. — Vous êtes chargé de déclarer, écrivait M. de Talley-rand à M. Otto, que si le ministère britannique, dans l’intérêtde sa situation parlementaire, a recours à quelque notificationou à quelque publication, de laquelle il puisse résulter que lePremier Consul n’a pas fait telle ou telle chose, parce qu’onl’en a empêché, à l’instant même il la fera. Du resto, quant àla Suisse, quoi qu’on dise ou qu’on ne dise pas, sa résolutionest irrévocable. Il ne livrera pas les Alpes à quinze cents mer-cenaires soldés par l’Angleterre. Il ne veut pas que la Suissesoit convertie en un nouveau Jersey. Le premier Consul nedésire pas la guerre, parce qu’il croit que le peuple françaispeut trouver dans l’extension de son commerce, autant d’a-vantages que dans l’extension de son territoire. Mais aucuneconsidération ne l’arrêterait, si l’honneur ou l’intérêt de laRépublique lui commandaient de reprendre les armes. Vous neparlerez jamais de guerre, disait encore M. de Talleyrand àM. Otto, mais vous ne souffrirez jamais qu’on vous en parle.La moindre menace, quelque indirecte qu’elle fût, devrait êtrerelevée avec la plus grande hauteur. De quelle guerre nousmenacerait-on, d’ailleurs? De la guerre maritime? Mais notrecommerce vient à peine de renaître, et la proie que nous li-vrerions aux Anglais serait de bien peu de valeur. Nos Antilles