RUPTURE UE LA PAIX U’AMIENS.
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sont pourvues de soldats acclimatés ; Saint-Domingue seul en Ko '• 18u -’-contient vingt-cinq mille. On bloquerait nos ports, il est vrai ;mais à l’instant même de la déclaration de guerre, l’Angle-terre se trouverait bloquée à son tour. Les côtes du Hanovre,de la Hollande, du Portugal, de l’Italie, jusqu’à Tarente, se-raient occupées par nos troupes. Ces contrées que l’on nousaccuse de dominer trop ouvertement, la Ligurie, la Lombar-die, la Suisse, la Hollande, au lieu d’élre laissées dans cettesituation incertaine, où elles nous suscitent mille embarras,seraient converties en provinces françaises, dont nous tire-rions d’immenses ressources ; et on nous forcerait ainsi à réa-liser cet empire des Gaules, dont on veut sans cesse effrayerl’Europe. Et qu’arriverait-il, si le Premier Consul, quittant Paroles
^ * extraordinaires
Paris, pour aller s’établir à Lille ou à Saint-Omer, réunissant <*“Premiersous les bateaux plats des Flandres et de la Hollande, pré- ''vngietern-.parant des moyens de transport pour cent mille hommes, fai-sait vivre l’Angleterre dans les angoisses d’une invasion tou-jours possible, presque certaine? L’Angleterre susciterait-elleune guerre continentale? Mais où trouverait-elle des alliés?
Ce n’est pas auprès de la Prusse et de la Bavière, qui doiventà la Franco la justice qu’elles ont obtenue dans les arrange-ments territoriaux de l’Allemagne. Ce n’est pas auprès del’Autriche, épuisée pour avoir voulu servir la politique britan-nique. En tout cas, si on renouvelait la guerre du continent,ce serait l’Angleterre qui nous aurait obligés de conquérirl’Europe. Le Premier Consul n’a que trente-trois ans, il n’aencore détruit que des États de second ordre! Qui sait cequ’il lui faudrait de temps, s’il y était forcé, pour changerdo nouveau la face de l’Europe, et ressusciter l’empire d’Oc-cident? —
Tous les malheurs de l’Europe, tous ceux aussi de la Franceétaient contenus dans ces formidables paroles, que l’on croi-rait écrites après coup, tant elles sont prophétiques '. Ainsi le
1 La dépêche dont nous venons de donner la substance est du 1 er brumaire