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[Vol. 2.]
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L1VKE XVI.

«or. 1802. lion devenu adulte commençait à sentir sa force, et était prêtù en user. Couverte par la barrière de l’Océan, l’Angleterre seplaisait à l’exciter. Mais cette barrière n’était pas impossible àfranchir; il s’en est même fallu de bien peu qu’elle ne fût fran-chie; et si elle l’avait été, l’Angleterre eût pleuré amèrementles excitations auxquelles la portait une incurable jalousie.C’était d’ailleurs une politique cruelle à l’égard du continent,car il allait essuyer toutes les conséquences d'une guerre pro-voquée sans raison comme sans justice.

M. Otto avait ordre de ne parler ni de Malte ni de l’Égypte,car on ne voulait pas môme supposer que l’Angleterre pûtvioler un traité solennel, signé à la face du monde. On se bor-nait à lui prescrire de résumer toute la politique de la Francedans ces mots : Tout le traité d’Amiens , rien que le traitéd’Amiens.

M. Otto, qui était un esprit sage, fort soumis au PremierConsul, mais capable, dans un but utile, de mettre un peu dusien dans l’exécution des ordres qu’il recevait, adoucit beau-coup les paroles hautaines de son gouvernement. Néanmoins,avec cette réponse même adoucie, il embarrassa lord Ilaw-kesbury, qui, effrayé de la prochaine réunion du Parlement,aurait voulu avoir quelque chose de satisfaisant à dire. 11 in-sista pour avoir une note. M. Otto avait ordre de la lui refuser,et la lui refusa, en déclarant toutefois que la réunion à Parisdes principaux citoyens de la Suisse n’avait pas pour but d’i-miter ce qui s’était fait à Lyon, lors de la Consulte italienne,mais uniquement de donner à la Suisse une constitution sage,basée sur la justice et sur la nature du pays, sans triomphed’un parti sur un autre. Lord Ilawkesbury, qui, pendant cetteconférence avec M. Otto, était attendu par le cabinet anglais,assemblé en ce moment pour recueillir la réponse de la France,parut troublé et mécontent. A cette déclaration, Tout le traité

an xi ; elle est écrite par M. deTatlcyrand à M. Otto, sous la dictée du PremierConsul.