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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Juin 1803. avec raison qu’entralner l’Espagne dans la guerre ne seraitrendre un service ni à la France ni à elle, qu’elle n’y figure-rait pas d’une manière brillante, qu’elle se trouverait sur-le-champ privée de sa seule ressource, les piastres du Mexique,dont l’arrivée serait interceptée ; qu’elle ne pourrait équiperni une armée, ni une flotte ; qu’elle ne serait par conséquentd’aucune utilité, et fournirait à l’Angleterre le prétexte depuislong-temps cherché de faire insurger toute l’Amérique du Sud;que, si, à la vérité, la participation de l’Espagne aux hostili-tés changeait en côtes ennemies pour les vaisseaux anglais,toutes les côtes de la péninsule, aucun de ses ports ne pou-vait avoir une influence utile, comme ceux de la Hollande, surl’opération de la descente; que dès lors l’intérôt de les avoirà sa disposition n’était pas grand ; que, sous le rapport com-mercial , le pavillon britannique était déjà exclu de l’Espagnepar les tarifs, et que les produits français continueraient d’ytrouver, en paix comme en guerre, une préférence assurée.Par ces considérations réunies, il fit dire secrètement à M. d’A-zara, ambassadeur de Charles IV à Paris, que, si sa cour ré-pugnait à la guerre, il consentait à la laisser neutre, à la con-dition d’un subside de 6 millions par mois (72 millions paran), et d’un traité de commerce, qui ouvrirait aux manufac-tures françaises un débouché plus large que celui dont ellesjouissaient actuellement.

Cette oifre fort modérée ne rencontra point à Madrid l’ac-cueil qu’elle méritait. Le prince de la Paix était en relationsintimes avec les Anglais, et trahissait ouvertement l’alliance.C’est pour ce motif que le Premier Consul, se doutant de cettetrahison, avait placé à Bayonne môme l’un des six camps des-tinés à opérer contre l’Angleterre. Il était résolu à déclarer laguerre à l’Espagne, plutôt que de souffrir qu’elle abandonnâtla cause commune. Il ordonna donc au général Beurnonville,son ambassadeur, de s’expliquer à cet égard d’une manièrepéremptoire. Les Anglais, en usurpant une autorité absolue