CAMP DE BOULOGNE.
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demnite trop différée du roi de Sardaigne, elle avait à peuprés approuvé tous nos actes. Elle avait loué notamment notreintervention en Suisse, comme habilement conduite, et équi-tablement terminée. Aucune des trois puissances du continentne pouvait donc trouver, dans les événements des deux der-nières années, une justification de l’usurpation de Malte, etelles s’en expliquaient avec franchise. Cependant, malgré cettemanière de voir, elles penchaient plutôt pour l’Angleterre quepour la France.
Bien que le Premier Consul eût mis tous ses soins à com-primer l’anarchie, elles ne pouvaient s’empêcher de recon-naître en lui la Révolution française victorieuse, et beaucoupplus glorieuse qu’il ne leur convenait. Deux d’entre elles,comme la Prusse et l’Autriche, étaient trop peu maritimespour être fortement touchées du grand intérêt de la libertédes mers; la troisième, c’est-h-dire la Russie, avait à cette li-berté un intérêt encore trop éloigné pour s’en préoccuper vi-vement. Toutes trois étaient bien autrement affectées de laprépondérance de la France sur le continent, que de la pré-pondérance de l’Angleterre sur l’Océan. Le droit maritime, quel’Angleterre voulait faire prévaloir, leur semblait une atteinteà la justice et à l’intérêt du commerce général ; mais la domi-nation que la France exerçait déjà, et allait êtro amenée àexercer davantage en Europe, était un danger immédiat etpressant qui les troublait profondément. Aussi en voulaient-elles beaucoup à l’Angleterre d’avoir provoqué cette nouvelleguerre, et elles le disaient tout haut; mais elles étaient reve-nues à cette mauvaise disposition pour la France, que la sa-gesse et la gloire du Premier Consul avaient comme suspendueun instant, par une sorte de surprise faite à la haine parle génie.
Quelques paroles échappées aux plus grands personnages•lu temps prouvent mieux que tout ce que nous pourrionsdire, les sentiments des puissances à notre égard. M. Philippe
Juin 18(0.
Leur blâmeest pourl'Angleterre ;leur mauvaisvouloir pourla France.
Parolessignificativesde >l.deCobentzet etde l'empereurFrançois II.