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I.IVIIE XVII.
Tuin 1803 . de Cobentzcl, ambassadeur à Paris, et cousin de M. Louis deCobentzcl, ministre des affaires étrangères à Vienne, s’entre-tenant à table avec l’amiral Décrûs, qui, par la vivacité deson esprit, provoquait la vivacité de l’esprit des autres, M. deCobentzcl ne put se défendre de dire : Oui, l’Angleterre a tousles torts; elle a des prétentions insoutenables; cela est vrai.Mais, franchement, vous faites trop de peur à tout le inonde,pour qu’on songe maintenant à craindre l’Àugleterre ’. — L’em-pereur d’Allemagne, François II, qui a terminé de nos jourssa longue et sage vie, et qui cachait sous une simplicité ap-parente une grande pénétration, l'empereur d’Allemagne, par-lant à notre ambassadeur, M. de Champagny, do la nouvelleguerre, et en exprimant son chagrin avec une évidente bonnefoi, affirmait qu’il était, quant à lui, résolu à rester en paix,mais qu’il était saisi d’inquiétudes involontaires, dont il osaità peine dire le motif. M. de Champagny l’encourageant à laconfiance, il avait, avec mille excuses, avec mille protesta-tions d’estime pour le Premier Consul, il avait dit : Si le gé-néral Bonaparte, qui a tant accompli de miracles, n’accomplitpas celui qu’il prépare actuellement, s’il ne passe pas le dé-troit, c’est nous qui en serons les victimes, car il se rejetterasur nous, ot battra l’Angleterre en Allemagne. — L’empereurFrançois, qui était timide, eut regret do s’étre autant avancé,et voulut revenir sur ses paroles ; mais il n’était plus temps.M. de Champagny les manda tout de suite à Paris par le pre-mier courrier 1 2 . C’était de la part de ce prince la preuve d’unerare prévoyance, mais qui lui servit bien peu ; car c’est lui-méme qui vint plus lard offrir à Napoléon l’occasion de battre,comme il disait, l’Angleterre en Allemagne.
Au surplus, de toutes les puissances, l’Autriche était celle
1 J’ai lu ce récit dans une note écrite de la main même de M. Dccrès, etadressée sur-le-champ h Napoléon.
2 Je n’ai pas besoin de dire que ce récit est encore extrait d une dépêcheauthentique de l’ambassadeur de France.