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LIVRE XVII.
Juin 1803.
Le PremierConsul offrede rendrele czar arbitreabsolu
de la querellede la Franceavec
l'Angleterre.
Occupationdu golfede Tarente.
les reproches du jeune czar, en le constituant arbitre absolude la grande querelle qui occupait le monde. Il fit donc offrirpar M. de Talleyrand et par le général Ilédouville au cabinetrusse, de déposer un compromis, en vertu duquel il s’enga-geait à subir, quelle qu’elle fût, la décision de l’empereurAlexandre, se confiant entièrement en sa justice. Cette propo-sition était aussi sage qu’habile. Si l’Angleterre la refusait, elleavouait qu’elle se défiait ou de sa cause, ou de l’empereurAlexandre; elle se mettait dans son tort, elle autorisait le Pre-mier Consul à lui faire une guerre à outrance. La clôture detous les ports placés sous l’influence de la France, l’occupa-tion de tous les pays appartenant à l’Angleterre, devenaientune conséquence légitime de cette guerre. Cependant, pour cequi regardait les royaumes de Naples et de Hanovre, le Pre-mier Consul, prenant le ton décidé qui convenait à ses plans,déclara qu’il ferait tout ce qu’exigerait la guerre qu’on lui avaitsuscitée, et qu’il n’avait pas commencée.
Après avoir adopté l’attitude qui lui semblait dans le mo-ment la meilleure, à l’égard des puissances du continent, lePremier Consul procéda sur-le-champ aux occupations déjàpréparées et annoncées. Le général Saint-Cyr était à Faenza,dans la Romagne, avec une division de 15 mille hommes, etun matériel d’artillerie considérable, tel qu’il le fallait pourarmer la rade de Tarente. Il reçut l’ordre, qu’il exécuta im-médiatement, de traverser l’Etat romain pour se rendre auxextrémités de l’Italie, en payant tout sur la route, afin de nepas indisposer le Saint-Père. D’après la convention conclueavec la cour de Naples, les troupes françaises devaient êtrenourries par l’administration napolitaine. Le général Saint-Cyr,jugé comme il méritait de l’être par le Premier Consul, c’est-à-dire comme l’un des premiers généraux du temps, princi-palement lorsqu’il opérait seul, avait une position embarras-sante, au milieu d’un royaume ennemi; mais il était capablede faire face à toutes les difficultés. Ses instructions lui lais-