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LIVRE XVII.
Juin 1803.
Marchedu ee'ne'ralMortier avec25 millehommes, parfa Hollande,les évêchésde Munster etd Osnabrück.
Conventionde Suhlingenavec l’arméehanovrienne.
avait pour lui à fermer aux Anglais les (leux plus grandesvoies commerciales du continent.
Le général Mortier eut ordre de marcher en avant. Il s’étaittransporté avec 25 mille hommes, à l’extrémité nord de laHollande, sur la frontière du bas-évéché de Munster, appar-tenant, depuis les sécularisations, à la maison d’Aremberg.On était assuré du consentement de celte maison. On passaitde chez elle sur le territoire de l’évéché d’Osnabruck, récem-ment adjoint au Hanovre, et du territoire d’Osnabruck enHanovre même. On pouvait ainsi se dispenser d’emprunter leterritoire prussien, ce qui était un ménagement indispensableenvers la cour de Prusse. Le Premier Consul avait recom-mandé au général Mortier de bien traiter les pays qu’on tra-verserait, et surtout de se montrer plein d’égards pour lesautorités prussiennes, qu’on allait rencontrer sur toute la fron-tière du Hanovre. Ce général, sage et probe autant que brave,était parfaitement choisi pour cette mission difficile. Il se miten marche à travers les sables arides et les bruyères maré-cageuses de la Frise et de la Basse-Westphalie, pénétra parMeppen en Hanovre, et arriva en juin sur les bords de laHunte. L’armée hanovrienne occupait Diepholz. Après quel-ques rencontres de cavalerie, elle se replia derrière le Weser.Quoique composée d’excellents soldats, elle savait que touterésistance était impossible, et qu’elle ne ferait qu’attirer desmalheurs sur le pays, en s’obstinant à combattre. Elle offritdonc de capituler honorablement, à quoi le général Mortierconsentit volontiers. 11 fut convenu à Suhlingen que l’armée ha-novrienne se retirerait avec armes et bagages derrière l’Elbe;qu’elle s’engagerait sous parole d’honneur à ne pas servirdans la présente guerre, à moins d’échange contre un égalnombre de prisonniers français ; que l’administration du payset la perception de ses revenus appartiendraient à la France,sauf le respect dû aux individus, aux propriétés privées, etaux divers cultes.