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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Juin 1803.

IVpartlia PremierConsulle '23 juin.

Visite

à Compïègne,Amiens,AbheWlie,Saint-Valéry.

clait comme tel, depuis qu’il était consul à vie, chargé de sechoisir un successeur. Ses ministres avaient rendez-vous, lesuns à Dunkerque, les autres à Lille, à Gand, ù Anvers, àBruxelles. Les ambassadeurs étrangers étaient invités à levisiter dans les mômes villes. Allant se montrer à des peuplesd’un catholicisme fervent, il avait jugé convenable de paraîtreau milieu d’eux, accompagné du légat du Pape. Sur la simpleexpression de ce désir, le cardinal Caprara, malgré son grandâge et ses infirmités, s’était décidé, après en avoir obtenu lapermission du Pape, à grossir le cortège consulaire, dans lesBays-Bas. Des ordres avaient été aussitôt donnés pour faireà ce prince de l’Église un accueil magnifique.

Le Premier Consul partit le 23 juin. Il visita d’abord Com-piègne, où l’on construisait sur les bords de l’Oise; Amiens,Abbeville, Saint-Valéry, où l’on construisait sur les bords dela Somme. Il fut accueilli avec transport, et reçu avec deshonneurs tout à fait royaux. La ville d’Amiens lui olfrit, selonun ancien usage, quatre cygnes d’une éclatante blancheur,qui furent envoyés au jardin des Tuileries. Partout sa pré-sence faisait éclater le dévouement pour sa personne, la hainepour les Anglais, le zèle à combattre et à vaincre ces anciensennemis de la France. Il écoutait les autorités, les habitants,avec une extrême bonté; mais son attention était évidemmenttout entière au grand objet qui l’occupait dans le moment. Leschantiers, les magasins, les approvisionnements de toute es-pèce, attiraient exclusivement son ardente sollicitude. Il visi-tait les troupes qui commençaient à s’agglomérer vers la Pi-cardie , inspectait leur équipement, caressait les vieux soldatsdont le visage lui était connu, et les laissait pleins de con-fiance dans sa vaste entreprise.

A peine avait-il achevé ces visites, qu’il rentrait, et, quoi-que accablé de fatigue, dictait une multitude d’ordres, quiexistent encore, pour l’éternelle instruction des gouvernementschargés de grands préparais. Ici. le trésor avait différé des