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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Juillet 1803.

CourantsJe la Manche.

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sur-le-champ au Premier Consul. Mais cet accident ne se re-produisit pas. Avec des précautions dans la manière de dis-tribuer les munitions qui leur servaient de lest, les bâtimentsde la flottille acquirent assez de stabilité pour supporter degros temps; et il ne leur arriva d’autre malheur que celuid’échouer, ce qui était naturel, en naviguant toujours le longdes côtes, et, ce qui était en général volontaire de leur part,dans le but d’échapper aux Anglais. Du reste, la marée sui-vante les remettait à flot, quand ils avaient été obligés de sejeter à la côte.

Ils offraient un inconvénient plus fâcheux, celui de dériver,c’est-à-dire, de céder aux courants. Ils le devaient à leurlourde structure, qui présentait plus de prise à l’eau que leurmâture n’en présentait au vent. Cet inconvénient s’aggravait,lorsque, privés de vent, ils marchaient à la rame, et n’avaientque la force des rameurs pour combattre la force du courant.Dans ce cas, ils pouvaient être emportés loin du but, ou, cequi est pire, y arriver séparément; car, étant de formes diffé-rentes, ils devaient subir une dérivation inégale. Nelson l’avaitéprouvé lui-même, lorsqu’en 1801 il attaqua la flottille deBoulogne. Ses quatre divisions n’ayant pu agir toutes en mêmetemps, ne firent que des efforts décousus. Un semblable dé-faut, fâcheux dans toute mer, l’était davantage encore dans laManche, où régnent deux courants très-forts à chaque marée.Lorsque la mer s’élève ou s’abaisse, elle produit alternative-ment un courant ascendant ou descendant, dont la directionest déterminée par la figure des côtes de France et d’Angle-terre. (Voir la carte n° 23.) La Manche est très-ouverte àl’ouest, entre la pointe du Finistère et celle de Cornouailles;très-resserrée à l’est, entre Calais et Douvres. La mer, ens’élevant, pénètre plus vivement par l’issue la plus large; cequi produit à la marée montante un courant ascendant del’ouest à l’est, de Brest à Calais. Le même effet se produit ensens contraire, quand la mer s’abaisse; elle fuit alors plus vite