CAMP DE BOULOGNE.
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par l’issue la plus vaste; et il en résulte, à la marée descen- Juillet isradante, un courant de l’est à l’ouest, de Calais à Brest. Cedouble courant, recevant près des côtes, et de leur forme elle-môme, diverses inflexions, devait porter une certaine pertur-bation dans la marche de ces deux mille navires, perturbationplus ou moins à craindre, suivant la faiblesse du vent et laforce du flot. Cela diminuait beaucoup l’avantage de la tra-versée en calme, l’une des plus souhaitables. Toutefois le canal,entre Boulogne et Douvres, non-seulement fort étroit, mais deplus peu profond, permettait de jeter l’ancre à égale distancedes deux côtes. Les amiraux regardaient donc comme pos-sible de s’arrêter, dans le cas d’une dérivation trop grande, etd’attendre à l’ancre le retour du courant contraire, ce qui nepouvait pas entraîner une perte de temps de plus de trois ouquatre heures. C’était une difficulté, mais point insurmon-table '.
Cet inconvénient avait bientôt fait abandonner une sorte debâtiments, appelés prames. Ceux-ci, tout à fait plats, sans au-cune courbure dans leurs flancs, et même à trois quilles, étaientde vrais pontons flottants, destinés à porter beaucoup decanons et de chevaux. On avait d’abord résolu d’en construirecinquante, ce qui aurait procuré des moyens de transportpour 2,500 chevaux, et une force de 600 bouches à feu. Maisl’infériorité de leurs qualités navigantes les fit bientôt aban-donner, et on n’en construisit pas au delà de douze ou quinze.
Nous ne parlerons pas de grosses barques, courtes et larges,armées d’une pièce de 24 à l’arrière, qu’on appelait caïques,ni de corvettes d’un faible tirant d’eau, portant une dizaine degros canons, les unes et les autres construites à titre d’essais,
1 Tout ce que je rapporte ici est extrait de la volumineuse correspondancedes amiraux, notamment de celle de l’amiral Bruix, avec le ministre de la” ma-rine et avec Napole'on. 11 est bien entendu que je ne suppose rien, que je ré-sume autant que je puis, avec la précision historique, tout ce qu’il y a d’essen-tiel dans cette correspondance, que je crois qualifier très-justement en l’appe-lant admirable.