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LIVRE XVII.
Juillet 1803. et que l’expérience empêcha de multiplier. La totalité de laflottille se composa presque exclusivement des trois espècesde bâtiments dont on vient de lire la description, c’est-à-direde chaloupes canonnières, de bateaux canonniers et de pé-niches.
Chaque chaloupe et chaque bateau canonnier pouvant con-tenir une compagnie d’infanterie, chaque péniche, les deuxtiers d’une compagnie, si on réunissait 500 chaloupes, 400 ba-teaux, 305 péniches, c’est-à-dire 1,200 bâtiments, on avait lemoyen d’embarquer 120 mille hommes. Supposez que l’escadrede Brest en portât 15 ou 18 mille, celle du Texel 20 mille,c’étaient 150 ou 160 mille hommes, qu’on pouvait jeter enAngleterre, 120 mille en une seule masse à bord de laflottille, 30 ou 40 mille en divisions détachées, à bord dedeux grosses escadres, partant, l’une de Hollande, l’autre deBretagne.
C’était assez pour vaincre et réduire cette superbe nation,qui prétendait dominer le monde du fond de son asile in-violable.
Moyens pour Ce n’est pas tout que de porter des hommes; il leur faut du
transporter
le matériel, matériel, c’est-à-dire des vivres, des armes, des chevaux. Laflottille dite de guerre pouvait embarquer les hommes, lesmunitions indispensables pour les premiers combats, des vi-vres pour une vingtaine de jours, l’artillerie de campagne avecun attelage de deux chevaux par pièce. Mais il fallait de plusle reste des attelages, au moins sept à huit mille chevaux decavalerie, des munitions pour toute une campagne, des vivrespour un ou deux mois, un grand parc de siège, dans le casoù l’on aurait des murailles à renverser. Les chevaux surtoutétaient très-difficiles à transporter, et il ne fallait pas moinsde 6 à 700 bâtiments, si on voulait en porter seulement 7 à8 mille.
Pour ce dernier objet on n’avait pas besoin de construire.Le cabotage et la grande pêche devaient fournir un matériel