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LIVRE XVII.

Août 1803.

Le PremierConsul visitëàBruxelles parM. Lombard,secrétairedu roide Prusse.

gré beaucoup de dissipation, avait dans le cœur la piété d’unefemme, et d’une femme de l’ancien régime. M. de Roquclaureétait archevêque de Malincs : c’était un vieillard plein d’amé-nité. Le Premier Consul l’accueillit avec des égards infinis,rendit môme à sa famille des biens considérables restés sousle séquestre de l’État, se montra souvent au peuple, accom-pagné de ce métropolitain de la Belgique, et réussit par samanière d’être à calmer les défiances religieuses du pays. Ilétait attendu à Bruxelles par le cardinal Caprara. Leur ren-contre produisit le meilleur effet. Le séjour du Premier Consuldans cette ville se prolongeant, les ministres et le consul Cam-bacérès vinrent y tenir conseil. Une partie des membres ducorps diplomatique s’y rendirent de leur côté, pour obtenirdes audiences du chef de la France. Entouré ainsi de minis-tres , de généraux, de troupes nombreuses et brillantes, legénéral Bonaparte tint dans cette capitale des Pays-Bas unecour qui avait toutes les apparences de la souveraineté. Oneût dit qu’un empereur d’Allemagne venait visiter le patri-moine de Charles-Quint. Le temps s’était écoulé plus vite quele Premier Consul ne l’avait cru. De nombreuses affaires lerappelaient à Paris : c’étaient les ordres à donner pour l’exé-cution de ce qu’il avait résolu à Boulogne; c’étaient aussi lesnégociations avec l’Europe, que cet état de crise rendait plusactives que jamais. Il renonça donc pour le moment à voirles provinces du Rhin, et remit à un second et prochain voyagecette partie de sa tournée. Mais, avant de quitter Bruxelles, ily reçut une visite qui fut fort remarquée, et qui méritait del’être, à cause du personnage accouru pour le voir.

Ce personnage était M. Lombard, secrétaire intime du roide Prusse. Le jeune Frédéric-Guillaume, dans sa défiance delui-même et des autres, avait la coutume de retenir le travailde ses ministres, et de le soumettre à un nouvel examen, qu’ilfaisait de moitié avec son secrétaire, M. Lombard, hommed’esprit et de savoir. M. Lombard,grâce à cette royale intimité,