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[Vol. 2.]
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CAMP DE BOULOGNE.

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avait acquis en Prusse une très-grande importance. M. d’IIaug-wilz, habile à se saisir de toutes les influences, avait eu l’artde s’emparer de M. Lombard, de manière que le roi, passantdes mains du ministre dans celles du secrétaire particulier,n’y trouvait que les mômes inspirations, c’est-à-dire celles deM. d’ilaugwitz. M. Lombard, venu à Bruxelles, représentaitdonc à la fois auprès du Premier Consul le roi et le premierministre, c’est-à-dire tout le gouvernement prussien, moinsla cour, rangée exclusivement autour de la reine, et animéed’un autre esprit que le gouvernement.

La visite de M. Lombard à Bruxelles était la conséquencede l’agitation des cabinets, depuis le renouvellement de laguerre entre la France et l’Angleterre. La cour de Prusse étaitdans une extrême anxiété, accrue par les communications ré-centes du cabinet russe. Ce dernier cabinet, comme on a vu,ramené malgré lui de ses affaires intérieures aux affaires eu-ropéennes , aurait voulu s’en dédommager en jouant un rôleconsidérable. 11 s’était efforcé tout d’abord de faire acceptersa médiation aux deux parties belligérantes, et de recomman-der ses protégés à la France. Le résultat de cos premièresdémarches n’était pas de nature à le satisfaire. L’Angleterreavait très-froidement accueilli ses ouvertures, refusé nette-ment de confier Malte à sa garde, et de suspendre les hosti-lités pendant que durerait la médiation. Seulement elle avaitdéclaré ne pas repousser l’entremise du cabinet russe, si lanouvelle négociation embrassait l’ensemble des affaires del’Europe, et mettait en question, par conséquent, tout ce queles traités de Lunéville et d’Amiens avaient résolu. C’était re-pousser la médiation, que de l’accepter à des conditions pa-reilles. Tandis que l’Angleterre répondait de la sorte, laFrance,de son côté, accueillant avec une entière déférence l’interven-tion du jeune empereur, avait néanmoins occupé sans hésiterles pays recommandés par la Russie, le Hanovre et Naples.La cour de Saint-Pétersbourg était singulièrement blessée de

Août 18U3.

Motifstic la visitede

M. Lombard.