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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Août 1803,

Mécontente-

ments

de la Russie,et ses effortspour créerun tiers-partie» Europe.

se voir si peu écoutée, lorsqu’elle pressait l’Angleterre d’ac-cepter sa médiation, et la France de limiter le champ des hos-tilités. Elle avait donc jeté les yeux sur la Prusse pour l’en-gager à former un tiers-parti, qui ferait la Joi aux Anglais etaux Français, et aux Français surtout, bien plus alarmantsque les Anglais, quoique plus polis. L’empereur Alexandre,qui avait rencontré le roi de Prusse à Memel, qui lui avaitjuré dans cette rencontre une amitié éternelle, qui s’était dé-couvert toute sorte d’analogies avec le jeune monarque, ana-logies d’âge, d’esprit, de vertus, cherchait à lui persuader,dans une correspondance fréquente, qu’ils étaient faits l’unpour l’autre, qu’ils étaient les seuls honnêtes gens en Europe ;qu’à Vienne il n’y avait que fausseté, à Paris qu’ambition,à Londres qu’avarice, et qu’ils devaient s’unir étroitementpour contenir et gouverner l’Europe. Le jeune empereur, mon-trant une finesse précoce, avait surtout cherché à persuaderau roi de Prusse qu’il était dupe des caresses du PremierConsul, et que, pour des intérêts médiocres, il lui faisait dessacrifices de politique dangereux; que, grâce à sa condescen-dance, le Hanovre se trouvait envahi; que les Français neborneraient pas là leurs occupations ; que la raison qui lesportait à fermer aux Anglais le continent, les porterait plusloin que le Hanovre, et les conduirait jusqu’au Danemark,afin de s’emparer du Sund ; qu’alors les Anglais bloqueraientla Baltique, comme ils bloquaient l’Elbe et le Weser, et fer-meraient la dernière issue restée au commerce du continent.Cette crainte, exprimée par la Russie, ne pouvait être sincère ;car le .Premier Consul ne songeait pas à pousser ses occu-pations jusqu’au Danemark, et il n’était pas possible qu’il ysongeât. Il avait occupé le Hanovre à titre de propriété an-glaise, Tarente en vertu de la domination non contestée dela France sur l’Italie. Mais envahir le Danemark en passantsur le corps de l’Allemagne, était impossible, si on ne com-mençait par conquérir la Prusse elle-même. Et heureusement