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[Vol. 2.]
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LIVRE XVII.

Août 1803.

Deux

concessionsdemandéespar la Prusse.

Ce que

la Prusse offreen retourdes deuxconcessionsdemandées.

Entretiens

de

M. Lombardavec le Pre-mier Consul.

voulait, comme on le disait à Pétersbourg, pousser ses occu-pations jusqu’au Danemark; si enfin, comme on le disait en-core à Pétersbourg, il était si dangereux de se fier à cethomme extraordinaire. M. Lombard devait en même tempss'efforcer d’obtenir quelques concessions relativement au Ha-novre. Le roi Frédéric-Guillaume aurait voulu qu’on réduisîtil quelques mille hommes le corps qui occupait ce royaume;ce qui aurait répondu aux craintes sincères ou affectées dontla présence des Français en Allemagne était la cause. Il auraitvoulu de plus l’évacuation d’un petit port placé aux bouchesde l’Elbe, celui de Cuxhaven. Ce petit port, situé à l’entréemême de l’Elbe, était la propriété nominale des Hambourgeois,mais en réalité il servait aux Anglais pour y continuer leurcommerce. Si on l’avait laissé inoccupé à titre de territoirehambourgeois, le commerce anglais se serait fait comme enpleine paix. Dès lors l’objet que se proposait la France auraitété manqué, et cela était si vrai qu’en 1800, lorsque la Prusseavait pris le Hanovre, elle avait occupé Cuxhaven.

Pour prix de ces deux concessions, le roi de Prusse offraitun système de neutralité du Nord, calqué sur l’ancienne neu-tralité prussienne, qui comprendrait, outre la Prusse et lenord de l’Allemagne, de nouveaux États allemands, peut-êtremôme la Russie ; du moins le roi Frédéric-Guillaume s’en flat-tait. C’était, suivant ce monarque, garantir à la France l’im-mobilité du continent, lui laisser ainsi le libre emploi de sesmoyens contre l’Angleterre, et, par conséquent, mériter desa part quelques sacrifices. Tels avaient été les divers objetsconfiés à la prudence de M. Lombard.

Ce secrétaire du roi partit de Berlin pour Bruxelles, chau-dement recommandé par M. d’Haugwitz à M. de Talleyrand.Il sentait vivement l’honneur d’approcher, d’entretenir le Pre-mier Consul. Celui-ci, averti des dispositions dans lesquellesarrivait M. Lombard, l’accueillit de la manière la plus bril-lante, et prit le meilleur moyen de s’ouvrir accès dans son