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[Vol. 2.]
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CAMP DE BOULOC NE.

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esprit, c’était de le flatter par une confiance sans bornes, par Août î&s.le développement de toutes ses pensées, même les plus se-crètes. Du reste, il pouvait, dans le moment, se montrer toutentier sans y perdre ; et il le fit avec une franchise, uneabondance de langage entraînantes, il ne voulait pas, dit-ilà M. Lombard, acquérir un seul territoire de plus sur le con-tinent ; il ne voulait que ce que les puissances avaient re-connu à la France, par des traités patents ou secrets : le Rhin,les Alpes, le Piémont, Parme, et le maintien des rapportsactuels avec la République italienne et l’Étrurie. 11 était prêtà reconnaître l’indépendance de la Suisse et de la Hollande.

Il était bien résolu à ne plus s’immiscer dans les affairesallemandes, à partir du recez de 1803. Il ne tendait qu’àune seule chose, c’était à réprimer le despotisme maritimedes Anglais, insupportable à d’autres qu’à lui certainement,puisque la Prusse, la Russie, la Suède et le Danemark s’é-taient unis deux fois en vingt ans, en 1780 et en 1800, pourle faire cesser. C’était à la Prusse à l’aider dans cette tâche,à la Prusse qui était l’alliée naturelle de la France, qui de-puis quelques années en avait reçu une foule de services, etqui en attendait de si grands encore. Si, en effet, il était vic-torieux, mais grandement victorieux, que ne pouvait-il pasfaire pour elle? N’avait-il pas sous la main le Hanovre, cecomplément si naturel, si nécessaire du territoire prussien?

Et n’était-ce pas là un prix, immense et certain, de l’amitiéque le roi Frédéric-Guillaume lui témoignerait en cette cir-constance? Mais, pour qu’il fût victorieux et reconnaissant,il fallait qu’on le secondât d’une manière efficace. Une bonnevolonté ambiguë, une neutralité plus ou moins étendue, étaientde médiocres secours. Il fallait l’aider à fermer complètementles rivages de l’Allemagne, supporter quelques souffrancesmomentanées, et se lier à la France par un traité d’union pa-tent et positif. Ce qu’on appelait depuis 1795 la neutralitéprussienne, ne suffisait pas pour assurer la paix du continent.

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